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Vers une navigation plus verte ?

Dernière mise à jour le mardi 6 décembre 2011

Article paru sur le site "L’Express" - Vendredi 2 Décembre 2011
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Vers une navigation plus verte ?

Professionnels du nautisme, constructeurs et architectes cherchent des solutions pour construire et naviguer plus propre... sans augmenter les prix et sacrifier le confort à bord des bateaux.

Il ne fait plus bon parader avec deux fois 200 CV et dépenser des sommes astronomiques en carburant pour un pique-nique sur l’île d’en face. Les plaisanciers, y compris les aficionados du motonautisme, ont évolué et prennent désormais conscience de l’intérêt de naviguer plus propre. Les fabricants de bateaux ont pris le train en marche. L’an passé, l’Aequus et le Zéphyr, deux petites unités propulsées par un moteur électrique, ont vu le jour. Au programme : balade à 5 noeuds dans le silence presque total ! Si ces bateaux demeurent encore marginaux, l’autonomie et la faible vitesse demeurant leur point faible, ils ont le mérite de pousser les acteurs du nautisme à envisager davantage de solutions durables.

Diaporama(s)
Consultez notre diaporama des bateaux à faible consommation d’énergie

La Fédération française de voile a émis un cahier des charges pour la conception d’un bateau électrique pour l’encadrement des classes de mer. Ainsi est né le Costo, construit chez E3H à Lorient. La Fédération française des ports de plaisance a également fait mettre au point par E3H une unité électrique de servitude stable et pouvant aisément accoster aux pontons. Aujourd’hui, leur Remora a déjà convaincu plusieurs directeurs de ports.

Le développement durable en vogue

EcoNav est un réseau qui regroupe une centaine d’acteurs du nautisme (entreprises, associations, fondations, agences d’Etat, centres de recherche, fédérations...). Créé en 2007 à l’initiative de l’association De Navigatio, officialisé en 2008, avec le concours de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme et l’Agence des aires marines protégées, ce réseau permet de mutualiser compétences et moyens pour encourager l’éconavigation. Cette démarche responsable, visant à "verdir" tout le cycle de vie des bateaux (construction, utilisation, accueil et fin de vie de tout type de navire) concerne l’ensemble des usagers et acteurs économiques de la mer. Pour Julian Stone, vice-président du réseau, "il est important que tous les secteurs du monde maritime (pêche, plaisance, transport, service...) travaillent ensemble, car de nombreuses problématiques sont transversales (matériaux, équipements, énergies, comportements...) et demandent un effort commun pour être résolues".

Les plaisanciers ont pour leur part une large préférence pour les trawlers. Ces bateaux de croisière à moteur, parfois hybrides (électrique et thermique), peu gourmands en carburant et très autonomes, autorisent une navigation lointaine à 10-12 noeuds. Souvent équipés de panneaux solaires, de carènes étudiées pour glisser et fendre la vague, les trawlers sont aujourd’hui les bateaux à moteur les plus économiques. Ouverts aux fabricants de voiliers, bien évidemment moins polluants, ils optent de plus en plus pour des panneaux solaires et des hydro- générateurs afin de réduire la consommation d’énergie et voguer toujours plus loin en autonomie complète.

Comment recycler les bateaux ?

Environ 20 000 tonnes. C’est la masse de déchets que pourraient représenter les bateaux de plaisance hors d’usage en 2025. Soit le double du chiffre actuel communiqué par la Fédération des industries nautiques. La question du recyclage des bateaux est donc centrale. Il n’existe à ce jour aucune solution industrielle économiquement viable pour les retraiter. Le problème majeur demeurant l’extraction de la fibre de verre et de la résine. Cependant, deux initiatives privées sont à souligner. Croqbato (en Atlantique) et Kroc’boat (en Méditerranée), sont deux centres de déconstruction proposant des solutions de broyage (réutilisation ensuite des matériaux dans la plasturgie), de démontage de l’accastillage et de tri. Ce problème de recyclage doit évidemment se poser dès la conception des bateaux. Peut-on fabriquer industriellement des unités avec des fibres recyclables ? La réponse est aujourd’hui clairement négative, mais la recherche sur des fibres et des résines naturelles avance. Le projet NavEcoMat, lancé par le Pôle Mer Bretagne en 2007, est, en matière de construction navale, la démarche la plus écologiquement prometteuse. L’idée est de créer un composant à base de lin. Mais les caractéristiques mécaniques (solidité, résistance au poinçonnement...) ne valent pas celles du polyester. Les fibres végétales et la résine d’amidon sont, aujourd’hui, seulement utilisées sur des petites pièces non structurelles. La recherche avance... |



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