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Une année 2010 correcte pour les bateaux de la CME, mais que l’avenir est sombre...

Dernière mise à jour le mercredi 13 octobre 2010

Article paru sur le site "La Voix du Nord.fr" - Mardi 12 Octobre 2010
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Une année 2010 correcte pour les bateaux de la CME, mais que l’avenir est sombre...

Éric Gosselin, directeur d’une Coopérative maritime étaploise (CME) en convalescence (lire par ailleurs), fait le bilan de sa première année à la tête de l’organisation de producteurs. Si 2010 devrait se terminer « convenablement », l’avenir s’annonce bien sombre...
PROPOS RECUEILLIS PAR ROMAIN DOUCHIN

boulogne@lavoixdunord.fr PHOTO GUY DROLLET

La fin d’année approche, quel bilan tirez-vous ?

« Globalement, on devrait boucler l’année convenablement. On a pêché davantage d’espèces non soumises à quota, je pense à l’encornet en début d’année, à la seiche, au rouget-barbet. Ces poissons, qu’on appelle divers dans notre jargon, permettent aux bateaux de trouver leur équilibre d’exploitation. Ce sont des espèces mieux valorisées avec un prix moyen élevé, ce qui fait que dans l’ensemble, à périmètre constant, les bateaux de l’OP CME ont fait + 15 % de chiffre d’affaires. » L’année n’est pas terminée, mais pour l’instant, 2010 fut une année sans conflit de pêcheurs... « (Il sourit) Touchons du bois. Je répète, globalement, ce n’est pas une mauvaise année. L’an dernier, la conjoncture était différente avec les problèmes de cabillaud insolubles. On empêchait quand même les bateaux de pêcher la seule espèce qui était présente. Maintenant, je ne vous dis pas que tout va bien dans la pêche boulonnaise et étaploise. Il y a des bateaux qui ont des difficultés mais mon rôle, c’est de tout faire pour garder le périmètre de la flottille. » On ressent une certaine morosité néanmoins sur les quais... « Ce n’est pas une morosité, c’est un avenir complètement bouché. C’est du pessimisme avec aucune visibilité sur l’avenir en terme de ressources, de quotas... Et quand on a de la visibilité, c’est presque la chronique d’une mort annoncée. On va faire face d’ici 2012 aux contraintes techniques pour réduire l’effort de pêche. Vont s’ajouter à cela les quotas en réduction. On nous annonce une baisse du quota de merlan lors des négociations de fin d’année. En mer, nos zones historiques de pêche ne cessent de se réduire à cause des éoliennes offshore, des aires marines protégées côté anglais et bientôt côté français.

Vous avez les extractions de granulat qui rendent la mer stérile, les problèmes de pollution en baie de Seine, le trafic transmanche qui augmente... Et quand vous mettez cela bout à bout, vous voyez nos zones de pêche historiques, transmises de génération en génération, qui disparaissent petit à petit. La mer n’est plus un bien commun. Il n’y a plus de place pour les gens qui en ont toujours vécu. Nos bateaux n’ont pas les quotas et l’antériorité pour aller travailler ailleurs. Les Bretons ne seront pas d’accord s’ils nous voient arriver en mer Celtique.

Qu’a-t-on comme visibilité ? Rien. Comme possibilités d’avenir ? J’aimerais bien que nos politiques, à l’échelon européen, national et régional nous les donnent. » Et vous, quelles solutions proposez-vous ?

« Qu’on nous donne la possibilité d’aller pêcher dans d’autres zones. Et puis, il faudra plus de polyvalence. On y travaille. On a un bateau, Le Saint-Josse, en cours de transformation aux Sables d’Olonne pour pratiquer la pêche à la senne. C’est un type de pêche qui consomme beaucoup moins de carburant, qui est performant, et assure au bateau une meilleure rentabilité.

Tous les bateaux ne peuvent pas devenir senneur car un bateau qui pratique la senne monopolise une zone de trois kilomètres autour de lui en forme de cercle. Cela réduit d’autant plus l’espace qu’ils ont à se partager. »



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