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Un forage pour percer les secrets du Golfe du Lion

Dernière mise à jour le jeudi 26 janvier 2012

Article paru sur le site "Midi Libre" - Lundi 23 Janvier 2012
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Un forage pour percer les secrets du Golfe du Lion

OLIVIER SCHLAMA

Gold est un projet en or. D’ici trois ans, si le budget de 130 à 200 M$ (100 à 154 M€) est bouclé, un forage sans précédent sera effectué dans le Golfe du Lion dans le cadre du programme international Gold (Gulf of Lion’s Drilling).

À 200 km des côtes, sous 2 400 m d’eau et traversant 7,5 km de sédiments, ce forage nécessite un navire spécial japonais, le Chikyu, capable de percer la couche de sel d’un kilomètre d’épaisseur. Le but de ce tout premier forage profond qui durera un an est d’étudier les variations du climat depuis 23 millions d’années, l’âge de la Méditerranée. Et savoir pourquoi et comment les périodes froides et chaudes ont alterné.

"En 2006, d’énormes quantités de pétrole ont été découvertes à Rio"
Daniel Aslanian, Ifremer

"Le Golfe du Lion est unique au monde. Il est jeune mais s’enfonce de façon importante, accumulant et préservant les dépôts qui contiennent toute l’histoire géologique du climat", explique Marina Rabineau, sédimentologue à l’université de Bretagne et au CNRS. Les dépôts sont mieux conservés que dans l’Atlantique âgé de 140 et 200 millions d’années, dont la partie transitoire (la marge) qui accumule les sédiments entre continent et océan, est plus jeune.

Le carottage des tréfonds de la Méditerranée servira aussi à étudier les ressources naturelles et la biosphère profonde, c’est-à-dire la limite de la vie, dans des conditions extrêmes de pression, de température ou de salinité extrêmes. En clair, "approcher le début de la vie, notamment des bactéries et des micro-organismes comme les archaea, à 1 700 mètres sous la croûte, profondeur jamais explorée", précise Daniel Aslandian, géodynamicien à l’Ifremer de Brest. Le tout, en vue d’applications en biotechnologies et pharmacologie.

Stocker le CO2 ?

Les scientifiques essaieront de vérifier s’il est possible de stocker le CO2 issu du réchauffement climatique dans le même genre de couche de sel imperméable. Ils évalueront les événements extrêmes comme le Messinien (moins 6 millions d’années) où la Méditerranée était quasiment asséchée avec une chute brutale de son niveau : moins 1 000 mètres par rapport à la côte actuelle.

L’industrie pétrolière, elle, salive. Le Golfe du Lion pourrait cacher de belles réserves d’or noir sous la croûte salée, à l’image du Brésil. "En 2006, on a découvert d’énormes quantités de pétrole au large de Rio, sous le sel", précise Daniel Aslanian.

Le projet Gold recherchera aussi les matériaux rares comme le lithium ou les terres-rares, composants très recherchés entrant, entre autres, dans la conception des téléphones portables. Le projet sera évalué par une structure internationale, l’IODP (Integrated Ocean Drilling Program) en avril. "Pour le financement, nous avons pensé à créer un consortium. Nous avions demandé 20 M€ à la France, en vain. D’autres pays pourraient, eux, verser 5 M€ chacun et des compagnies pétrolières 10 M€."



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