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Trop de nettoyage nuit à la plage

Dernière mise à jour le samedi 15 août 2009

Ouest-France - Samedi 15 Août 2009



Trop de nettoyage nuit à la plage

Préférer l’écosystème des plages au confort des touristes. C’est le choix de certaines communes qui adoptent un nettoyage « raisonné ». Les algues ne sont plus considérées comme des déchets.

ASSÉRAC. ¯ La plage de Pont Mahé, à Assérac (Loire-Atlantique), peut surprendre. À certains endroits, les pieds des touristes s’enfoncent dans un coussin d’algues d’où s’échappent quelques mouches et une forte odeur. C’est la laisse de mer : un amas d’algues (fucus, sargasse ou laminaire...) et de débris divers déposés par les marées. Pourtant, la laisse de mer n’est pas sale. Elle est même indispensable à l’écosystème de la plage.
« Elle fixe le sable et permet le développement de la flore dans les dunes. Ça limite l’érosion des plages. De plus, c’est une source de nourriture pour de nombreuses espèces », explique Paul Fattal, directeur de l’Institut de géographie et d’aménagement régional de Nantes (IGARUN). Il prône un nettoyage « raisonné » et une diminution du recours aux machines.

Ne pas brusquer les touristes

Sur le littoral français, le nettoyage mécanique est le plus répandu. Les machines (cribleuse tamiseuse, pelleteuse...) nuisent à l’environnement : leur passage enlève du sable, ce qui accentue l’érosion des plages. Quatre sites pilotes (1), dont Assérac, se sont associés à l’association Rivages de France pour mettre en place un entretien plus respectueux, en s’inspirant d’initiatives lancées dans le Nord et dans la Manche.

La plage est divisée en trois zones : la première n’est nettoyée que deux fois par an pour favoriser la nidification du gravelot, un oiseau en déclin. Sur la seconde, les déchets sont ramassés manuellement après chaque marée. Les travailleurs enlèvent uniquement les détritus d’origine humaine (mégots, plastiques...) et ne touchent pas à la laisse de mer. Enfin, la troisième zone, la plus fréquentée par les touristes, est nettoyée mécaniquement tous les jours.

« Il ne faut pas brusquer les gens parce que, pour eux, une plage propre est une plage sans algues », raconte Aziliz Cholet, adjointe à l’environnement et au développement durable de la ville d’Assérac. « En parallèle, on sensibilise le public ».

Marie et Julie ont été embauchées pour l’été en tant qu’agents environnement. Elles arpentent la plage pour informer les touristes. « Pour beaucoup, les algues, c’est naturel, mais désagréable. Une fois qu’on leur a expliqué pourquoi on les laisse, ils sont satisfaits, explique Julie. Ils sont sensibles à la question de l’environnement. »

« Vous voyez, là, une dune embryonnaire s’est formée. Il n’y avait rien l’année dernière », montre Florian Geffroy, biologiste chargé de mission pour Rivages de France. Il est l’un des acteurs de ce projet de gestion raisonnée de la plage : « Il y a encore du boulot. Ce type d’opération ne peut être lancé que dans des stations « naturelles ». Dans les grosses stations, c’est plus difficilement envisageable : les touristes veulent avoir des palmiers et un resto sur la plage. »

Tâm MELACCA-NGUYEN.



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