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« Tout est tombé à l’eau »

Dernière mise à jour le mercredi 23 mars 2011

Article paru sur le site "Sud-Ouest" - Mercredi 16 MArs 2011
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« Tout est tombé à l’eau »

Le président Olivier Laban devait se rendre au Japon afin d’étudier une éventuelle réintroduction d’huîtres de Sendai dans le Bassin.

C’était une mission prévue depuis longtemps. Une délégation menée par Goulven Brest, président du Comité national conchylicole (CNC) et à laquelle participait notamment Olivier Laban, président de la Section régionale conchylicole (SRC) devait se rendre, dès samedi prochain, au Japon : « Nous devions faire plusieurs visites, explique ce dernier. Tout d’abord, il était prévu d’aller sur les sites de production d’Hiroshima, afin de regarder les pratiques culturales du secteur. Nulle intention d’ailleurs de ramener des échantillons, les huîtres là étant porteuses d’une maladie pathogène. L’objectif de ce déplacement était surtout de se rendre sur les parcs de la baie de Sendai… »

La délégation devait aller chercher des naissains d’huîtres pour relancer la production française, décimée par la maladie qui touche les jeunes huîtres.

Les naissains de Sendai
C’était bien sûr sans compter la catastrophe survenue le 11 mars au Japon, le séisme puis le tsunami ayant frappé tout particulièrement la grande région de pêche et de conchyliculture de Sendai : « Cette baie est le berceau de l’élevage de notre huître crassostrea gigas, relève Olivier Laban. Il faut se rappeler qu’après la mortalité des huîtres portugaises dans les années 1970, les ostréiculteurs de la région de Sendai avaient fourni le naissain d’huître qui avait permis à l’ostréiculture française de se relancer. Chez nous, le Gujanais Roger Druart était même parti là-bas afin de ramener des huîtres… »

« Nous n’avons pas eu de contacts encore avec nos collègues, mais on peut imaginer que tout est détruit, poursuit le président Laban. C’est un grand malheur pour eux et cela nous touche d’autant plus qu’entre eux et nous, c’était une sorte de jumelage naturel. »

« Un projet abandonné »
Ce déplacement, en fait, était le second en quelques mois : « En octobre dernier, une délégation y était allée à la recherche d’une souche résistante face à la mortalité du naissain que nous connaissons. Et nous comptions bien ramener des échantillons, cette fois-ci. Nous avions de plus conclu un partenariat avec la Communauté d’agglomération du Sud-Bassin visant à renforcer cette initiative. Et le fait de réintroduire du naissain avant l’été nous aurait permis de tester leur résistance dans le milieu du bassin d’Arcachon. »

« Le projet tombe à l’eau. Tout espoir de ramener de la Japonaise est donc perdu, et pour longtemps, bien évidemment, dit Olivier Laban. Car non seulement cette région a été une des plus sinistrées par le tsunami mais elle se trouve, de plus, assez proche de la centrale nucléaire de Fukushima. »

Une écloserie sur le Bassin
Que faire ? « Nous avons peu de pistes concrètes pour sortir de la crise, assure Olivier Laban. Nous avons un contact avec Vancouver au Canada via le ministère de l’Agriculture. Nous allons le relancer. »

D’autres solutions sont à l’étude : « Il existe un programme de recherche menée par des privés, un groupe d’écloseurs. Mais nous en craignons les conséquences, celles liées au fait que l’on nous dicte les règles du jeu… Un autre programme va aussi être lancé par le CNC et l’Ifremer, c’est une autre piste. »

Mais le projet de créer une écloserie sur le bassin d’Arcachon émerge de plus en plus : « Voilà des années que l’on en parle, dit le président de la SRC. Nous venons de voter une étude pour sa faisabilité. »

En effet, au vu des années « avec » et « sans » naissain, la profession avait déjà décidé en 2005 de se lancer dans la création d’une écloserie. Son intérêt réside dans la possibilité de gérer la température de l’eau, la qualité de la nourriture planctonique et d’offrir donc une garantie de résultat.

« L’avantage d’avoir une écloserie chez nous, sorte de coopérative est net, dit Olivier Laban. Elle serait administrée par la profession elle-même. Vous savez, il faut que l’on évolue dans nos têtes si l’on veut survivre. Soit on regarde passer le train sans rien faire, soit on le prend. Et il est urgent de sortir de la crise. »



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