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Tellines. Les dragueurs de la plage

Dernière mise à jour le lundi 16 février 2009

Le Télégramme - Dimanche 15 Février 2009



Tellines. Les dragueurs de la plage

Tous les jours, une quarantaine de pêcheurs professionnels à pied draguent la telline près de LaTorche. Un petit coquillage savoureux, presque inconnu en Bretagne, qui se vend surtout en Italie et en Espagne. Focus sur un métier hors du commun.

Plus d’un écolo en a eu le poil hérissé en les voyant franchir la dune de Tréguennec au volant de leurs4X4. Eux, ce sont les pêcheurs de tellines, un excellent petit coquillage, cousin de la palourde, très prisé en Italie ou en Espagne. « Les gens nous regardent souvent un peu de travers. Les 4X4 ont mauvaise réputation. Mais ce sont les seuls véhicules qui peuvent passer ici. Parfois aussi, on nous assimile à des braconniers souligne Raymond Le Goff, qui travaille à Tréguennec, près de La Torche depuis le milieu des années 80. C’est l’inverse, notre profession est bien réglementée ». Effectivement. Ne devient pas pêcheur de tellines qui veut. Il faut d’abord obtenir son permis de pêcheur à pied professionnel. Et ensuite une licence pour espérer enfoncer sa drague dans le sable fin du Pays bigouden.

Une profession réglementée

« Actuellement, nous sommes 38 sur notre secteur et dans la baie de Douarnenez, explique Frédérique Ozane, une des rares femmes à pêcher la telline. Ce numerus clausus a été défini par le Comité local des pêches auquel nous sommes affiliés et par l’Ifremer ». La licence permet de travailler douze mois de l’année. À raison d’un quota quotidien de 120kg. Les tellines sont revendues à des exportateurs entre 2,50 € et 3€ le kilo. Le métier, de prime abord, peut sembler assez facile. Le grand air et la liberté en ont fait rêver plus d’un. Mais, attention, il faut une bonne dose de courage pour se mouiller jusqu’à la taille dans une eau qui, en hiver excède rarement les 7 º C.Des températures qui ont valu à Frédérique, il y a quelques années, de perdre tous ses ongles de pied le même jour. Il faut également conjuguer avec les rouleaux qui peuvent balayer comme un fétu de paille les pêcheurs et leurs dragues dont le poids, chargée, peut atteindre allègrement les 90kg. Attention aussi aux baïnes, ces trous d’eau formés par le courant qui vous happent un homme en moins de deux.

Trois heures dans l’eau froide

Il est midi. Franck et Raymond ont passé trois heures à tracer leurs sillons dans l’eau. Les deux hommes rejoignent Frédérique qui les attend sur le sable. Souffrant d’un terrible mal de dos elle n’a pu tirer sa drague aujourd’hui. Les 4X4 s’apprêtent à franchir le cordon dunaire. Il leur faudra rouler six kilomètres sur le sable, gyrophare allumé, pour atteindre la brèche. Mais avant, ils s’arrêteront sur le bord d’un très large ruisseau d’écoulement des étangs. Un cours d’eau gonflé à bloc par les précipitations de ces derniers jours. C’est là que, récemment, le véhicule d’un de leurs collègues s’est ensablé. Il a fallu sortir le 4X4, submergé par la marée, avec une grue. Pour éviter que la même mésaventure ne leur arrive, Franck va sonder, à pied, le ruisseau avant de se remettre au volant. Une procédure dangereuse et stupide quand on sait, qu’à Poullan, à moins d’un kilomètre des lieux de pêche existe une cale que pourraient emprunter les 4X4. Malheureusement, les véhicules des pêcheurs de tellines ne sont pas les bienvenus dans cette commune.

Didier Déniel



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