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Sillons de la rade. 6.000 ans sous les pieds

Dernière mise à jour le mardi 7 septembre 2010

Article paru sur le site "Le Télégramme.com" - Mardi 07 Septembre 2010
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Sillons de la rade. 6.000 ans sous les pieds

On en connaît les principaux, les plus spectaculaires. Mais sait-on que la rade de Brest abrite une bonne trentaine de sillons,des formations géologiques aussi millénaires que fragiles ?

Les cordons littoraux que sont les sillons, au nombre d’une bonne trentaine dans la rade, évoluent naturellement au gré des courants et des coups de vent. L’activité humaine peut également modifier plus ou moins rapidement leur aspect, même si les courants, s’ils ne sont pas modifiés, reconstituent mécaniquement et naturellement ces empilements de galets.

Élévation du niveau de la mer

Ces sites sont le plus souvent restés à l’état naturel et favorisent l’abri et l’hivernage de nombreuses coques en hiver. Très friables par nature, ces sillons sont évidemment sensibles aux variations de la hauteur d’eau et, à terme, d’après les spécialistes, à l’élévation du niveau de la mer. Justement, comment résistent-ils à la montée des eaux en rade de Brest ? Plutôt chacun à leur manière, d’après Pierre Stéphan, géographe à l’IUEM. Certains ont tendance à se replier et à reculer face aux assauts de la mer. D’autres perdent régulièrement de la matière. On observe, depuis les années80, que le niveau de la mer en rade de Brest a augmenté de 3mm par an et que cette augmentation du niveau moyen s’établit actuellement sur des bases de+30cm pour un siècle. Le trait de côte et ces singuliers cordons littoraux s’en trouvent évidemment modifiés. Même si ces transformations sont parfois difficiles à évaluer à l’oeil nu.

Très prisés des amoureux de nature

« En revanche, le piétinement du couvert végétal ou le passage des randonneurs et, surtout, des engins ostréicoles entraînent des modifications bien plus visibles », estime Thierry Fayret, vice-président chargé de la rade et du littoral à Brest Métropole Océane. Le cas s’est par exemple observé à Logonna-Daoulas (le double sillon de Mengleuz) et à Landévennec (le Loch). Les sillons comme ceux de Lauberlac’h à Plougastel, du Bindy à Logonna ou encore celui dit « des Anglais » à Landévennec constituent d’extraordinaires sites naturels prisés des baigneurs et des plaisanciers.

Précieuses zones humides

Malgré les apparences, la faune et la flore de ces cordons et surtout des marais arrière littoraux, les zones humides et les étangs qui se sont développés derrière les sillons, sont tout à fait dignes d’intérêt. Et même sur le plan géologique, ces formations restent absolument fascinantes pour les géographes et les géologues, qui viennent des quatre coins de France découvrir ces dizaines de sillons de la rade de Brest. Mais comment valoriser et, en même temps, protéger ces joyaux millénaires ?

Stéphane Jézéquel



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