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Sciences polaires. Une vocation bretonne

Dernière mise à jour le mardi 20 décembre 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Jeudi 8 Décembre 2011
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Sciences polaires. Une vocation bretonne

La vocation scientifique polaire de la Bretagne occidentale connaîtra un tournant décisif en 2012. Des chercheurs de l’UBO comme Marc Le Romancer, font tout pour inscrire leurs travaux dans cette dynamique qui connaît un début de reconnaissance internationale.

Connaître les origines et les limites de la vie sur terre est primordial pour imaginer une vie extraterrestre. Les chercheurs sont en quête permanente de l’ultime espace où naissent et vivent virus et bactéries sur terre : les sources chaudes au plus profond des fosses marines, les lacs recouverts par 4.000m de calotte glaciaire en Antarctique... L’enseignant-chercheur brestois Marc Le Romancer, spécialiste des virus extrêmophiles, a ouvert une autre porte d’entrée : les sources chaudes des îles australes. En ce début décembre, le directeur du département de biologie de l’UBO est reparti sur place avec son collègue quimpérois Patrick Le Chevalier et Christine David, directrice adjointe de l’Institut polaire, tous deux plongeurs agréés du CNRS.

Une recherche d’excellence

Il y a quelques années, la présence de bactéries dans un lac, sous 4.000m de glace en Antarctique, avait mis les scientifiques en ébullition. « On y a trouvé des traces de vie mais pas de cellule entière que l’on puisse cultiver, commente MarcLe Romancer. Les outils performants pour aller plus loin ont fait défaut ». « En revanche, explorer la vie à haute température dans les environnements polaires (*) pourrait ouvrir de nouvelles perspectives dans la recherche de vie extraterrestre », a exposé le chercheur. Europa, satellite de Jupiter aurait ainsi un océan liquide sous plusieurs kilomètres de glace, qui s’apparenterait aux lacs sous-glaciaires antarctiques. D’autres milieux extrêmes pour la vie intéressent les chercheurs, surtout s’ils sont éloignés de toute perturbation extérieure. C’est le cas de l’île Saint-Paul, ancien volcan émergé au milieu des mers australes, terre parmi les plus éloignées des continents et terrain de chasse des scientifiques bretons. « Là-bas, nous avons caractérisé dans le bestiaire des micro-organismes au moins une espèce nouvelle, une bactérie qui vit dans des températures de 60 à 70 º, résume le chercheur. Elle a des cousines dans des sources hydrothermales profondes très éloignées. L’intérêt est de montrer que ces bactéries ont pu arriver à Saint-Paul par un réseau de sources profondes utilisant des failles ». S’ouvre ainsi une porte d’entrée vers une vie microbienne souterraine inconnue qui intéresse les spécialistes du monde entier.

Deux rendez-vous en 2012

Brest, pôle d’excellence maritime à partir de l’Institut universitaire européen de la mer (IUEM), s’enrichit peu à peu d’un nouveau champ polaire. « Nous bénéficions de la proximité de l’Institut polaire (Institut Paul-Émile Victor), dit Marc Le Romancer. Nous souhaitons faire apparaître l’axe de recherche polaire brestois au niveau national ». Cette dynamique émergera en 2012 à l’occasion du vingtième anniversaire de l’Ipev. Pour la première fois, les journées du Comité national français des recherches arctiques et antarctiques (CNFRA) seront organisées en mai prochain à Brest. L’an prochain aussi, l’IUEM organisera les premières journées d’études sur l’écologie marine en arctique. « La recherche s’organise aujourd’hui au niveau national entre territoires en compétition, constate Marc Le Romancer. Il faut donc trouver des thématiques fortes pour faire la différence. Brest a choisi la mer et il y a une corrélation forte avec les pôles, grâce à l’Ipev ». Avec l’appui des collectivités, dont le conseil général, la vocation brestoise pour l’écologie marine s’ouvre par le monde polaire à des champs d’exploration en prise directe avec les problématiques de demain.

* Dans les sources chaudes de l’île Saint-Paul.

Ronan Larvor



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