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Sable coquillier. La CAN persiste et assume

Dernière mise à jour le mardi 30 novembre 2010

Article paru sur le site "Le Télégramme.com" - Mercredi 24 Novembre 2010
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Sable coquillier. La CAN persiste et assume

La Compagnie armoricaine de navigation (CAN), par la voix de son président, n’entend pas « laisser dire tout et n’importe quoi » sur le projet d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion.

À la Compagnie maritime de navigation, on croit en ce qu’on fait, et je crois qu’on le fait bien ! ». Face à la levée de boucliers suscitée par le projet d’extraction de sable en baie de Lannion soutenu par la filiale du groupe Roullier, Sébastien Floc’h, le président de la CAN, et Jean Lenoir, son directeur foncier, étaient, hier matin, à Pontrieux pour faire le point sur l’avancée des dossiers. « Plus les semaines passent, plus j’entends un nombrequi ne cesse de croître de choses inexactes », déplore le président, concédant cependant « ne pas avoir été, dès le début, d’assez bons communicants, malgré une totale volonté de transparence ».

Un gisement « substitut »

Diverses inquiétudes, émanant tant des pêcheurs usagers de la zone de 4km² envisagée pour l’extraction, que des associations de protection de l’environnement, ont effectivement été formulées. « Notre souci premier reste et restera de limiter les impacts sur l’environnement immédiat, en en particulier sur les zones Natura 2000 », ajoute Sébastien Floc’h, qui avance l’obligation pour sa société de se conformer aux modalités définies par la convention Ospar. Signée par la France en 1998, cette dernière vise à la protection du milieu marin de l’Atlantique du Nord-Est. « De plus, il faut bien comprendre que l’exploitation du gisement Pointe d’Armor ne signifie pas une augmentation globale de notre activité, mais qu’elle ne fait que se substituer à celles actuellement en cours sur les dépôts de maërl d’Erquy et de Bréhat », précise le directeur foncier. Forcée d’abandonner l’usage du « corail breton », une algue fossilisée aujourd’hui protégée, la filière ne peut, selon le président de la CAN, envisager son maintien que par l’exploitation des débris coquilliers. Avec deux avantages : le premier étant celui de recourir à une ressource non protégée, sur un site dont le stock a été évalué, en 1978, à 186.000millions de m³ par la Cnexo ; le second étant l’accessibilité locale à cette même ressource. « Car il ne faut pas se leurrer : l’amendement calcaire, les agriculteurs en dépendent. Et il continuera en Bretagne, avec ou sans nous. Reste à savoir si l’approvisionnement doit se faire par bateau, à raison de 1.000t par rotation, ou par convois de 40camions provenant, au plus proche, de Mayenne... ». Et d’ajouter que, sur les 400.000t maximales projetées par an, 100.000t resteront brutes, et seront déchargées localement. Le reste étant transformé à Saint-Malo ou à Pontrieux, pour un usage « exclusivement agricole et, pour l’essentiel, régional ».

Surmonter les conflits d’usage

Pour ce qui est des désagréments qu’auraient à subir les pêcheurs, Sébastien Floc’h se veut résolument optimiste. Et ce malgré les divergences observées ces dernières semaines, en particulier au sujet d’un rapport demandé au Comité local des pêches de Paimpol, et pour lequel les conclusions se contredisent. « Il y a, dans ce document, des invraisemblances criantes », explique Jean Lenoir. « Le système d’information halieutique d’Ifremer recense 3,8t de lançons prélevés par an dans une zone de 200km² incluant la zone du gisement. Les professionnels, eux, prétendent prélever 3,7t sur les 4km² qui nous intéressent. Ce n’est pas cohérent... ». Mais les deux hommes d’avancer les cinquante ans d’ancienneté de la CAN qui aura toujours su, par le passé, « surmonter de tels conflits d’usage ». Pour trouver des solutions, comme en baie de Morlaix, par exemple, sur le gisement des Duons. Les deux hommes, enfin, ont largement insisté sur le fait que rien n’était, « comme nous pouvons souvent l’entendre », joué d’avance. « C’est un dossier très complexe, conclut le président. Et qui sera dépecé et analysé, en détail, par l’Ifremer, la Dreal, et tous les services de l’État. Mais qui n’aura de légitimité que parce qu’il sera exemplaire. Et nous ne rechignerons jamais à nous soumettre à telle ou telle exigence des autorités concernées par la délivrance, ou non, de la concession.Car il en va de la survie de toute une filière économique. »

Nicolas Salles



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