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Rejets de boues de dragage : « scandale maritime »

Dernière mise à jour le jeudi 9 décembre 2010

Article paru sur le site "Ouest-France" - Jeudi 02 Décembre 2010
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Rejets de boues de dragage : « scandale maritime »

France Nature environnement et Robin des bois partent en guerre contre la redispersion en mer des sédiments dragués dans les ports.

« Nous estimons qu’il s’agit du plus grand scandale marin actuel. Depuis des années, nous nous confrontons à un véritable cartel qui occulte la sécurité sanitaire et la protection de la biodiversité au profit des accès maritimes », s’emporte Jacky Bonnemains de l’association Robin des bois. Vice-président de France Nature environnement, Christian Garnier évoque « une véritable bombe à retardement écologique. On immerge des polluants qui contaminent les mers. De plus, à l’endroit du largage, on constate une stérilisation du milieu pendant des années, sans oublier l’accroissement de la turbidité de l’eau. »

Chaque année, en moyenne, 40 millions de m3 de sédiments dragués dans les ports ou les estuaires sont relâchés en mer. En Basse-Normandie, les rejets à venir du dragage du port de Rouen font débat. Cette pratique remonte à la nuit des temps. « Certes, mais aujourd’hui, ces boues sont loin d’être inoffensives », souligne Jacky Bonnemains. Exemple : « après le dragage du port de la Trinité-sur-Mer dans le Morbihan (65 000 t), on a constaté une élévation de la concentration de certains métaux lourds, comme le plomb, dans les coquilles saint-jacques », indique André Dorso de FNE.

Valoriser

Les écologistes ironisent sur le retour au bon état écologique des mers. « Les pratiques actuelles n’en prennent pas le chemin. » Jacky Bonnemains plaide pour une meilleure prise en compte de l’ensemble des polluants. « On lutte contre la prolifération des algues vertes et dans le même temps on relargue des quantités incroyables d’azote dans les boues. » Les deux associations ne réclament pas que l’on stoppe les rejets, comme l’a décidé la Belgique. « Ce que nous souhaitons, c’est une véritable transparence », réclame FNE. « Que l’on cesse également de rejeter des macros déchets. » Selon Jacky Bonnemains, « tout sédiment contaminé doit faire l’objet d’un recyclage et d’une valorisation. » Ces boues « doivent être requalifiées en déchets », réclame FNE qui n’écarte pas d’entamer un recours en justice. « Nous souhaitons qu’un programme soit établi sur 5 ans pour arriver à l’interdiction totale des rejets pollués. »

Cette charge virulente a pour objectif d’interpeller les autorités portuaires « qui font preuve d’une inertie incroyable ». Le Comité national des pêches a déjà réclamé l’interdiction des rejets et déposé une plainte contre X pour pollution. Le surcoût du traitement à terre est souvent mis en avant. Des initiatives commencent toutefois à émerger. Ainsi le projet européen Setarms vise-t-il à valoriser économiquement les sédiments pollués (Ouest-France du 29 novembre). Piloté par l’Association des ports locaux de la Manche, l’école d’ingénieur ESITCaen doit faire des propositions concrètes en 2013.

Jean-Pierre BUISSON.



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