Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Radioactivité : un impact au large de Fukushima, pas de risques pour le (...)

Radioactivité : un impact au large de Fukushima, pas de risques pour le Pacifique

Dernière mise à jour le lundi 4 avril 2011

Article paru sur le site "France 24" - Mardi 29 Mars 2011
Visualiser l’article original



Radioactivité : un impact au large de Fukushima, pas de risques pour le Pacifique

AFP - Les rejets radioactifs de Fukushima dans l’océan Pacifique seront sans conséquence majeure à l’échelle planétaire mais pourraient avoir un impact notable, voire durable, sur la vie marine au large de la centrale japonaise, estiment des spécialistes.

Depuis le début de l’accident, toujours en cours, la centrale japonaise a rejeté de nombreux produits radioactifs. Principalement de l’iode et du césium relâchés directement dans l’atmosphère, mais aussi transportés par les milliers de tonnes d’eau qui ont été déversées par les secours pour refroidir les installations et dont une partie a nécessairement ruisselé dans le Pacifique tout proche après ce "lessivage".

Un circuit de contamination confirmé par des mesures effectuées en mer ces derniers jours : l’iode 131 et le césium 137 y apparaissaient à des concentrations beaucoup plus élevées que la normale, environ 1.000 à 2.000 fois plus pour l’iode et 25 à 80 fois pour le césium.

Cette contamination importante a été détectée très près des installations de la centrale. Or l’océan Pacifique agit comme un "réservoir" gigantesque où ces polluants se diluent très rapidement sous l’effet du brassage des courants et des marées, résume Didier Champion, directeur de l’environnement à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN).

"A l’échelle planétaire, ou même à l’échelle du Pacifique, cela ne créera aucun problème. Mais à proximité immédiate de Fukushima, il va falloir envisager une interdiction stricte de la pêche" durant quelques mois, estime Simon Boxall, professeur au Centre national d’océanographie de l’Université de Southampton (Grande-Bretagne).

Car si les éléments radioactifs se diluent dans l’eau pour revenir à des concentrations négligeables, les organismes marins peuvent à leur tour les "reconcentrer", en particulier les algues et certains mollusques.

Pour tenir compte de cette faculté de "bio-accumulation", les spécialistes ont calculé des "facteurs de concentration", extrêmement variables selon les espèces et les éléments radioactifs.

Des espèces d’algues, dont certaines sont abondamment consommées par les Japonais, ont ainsi un facteur de concentration estimé à 100.000 pour l’iode.

Autrement dit, "les algues vont l’absorber très rapidement. Cet iode va entrer dans la chaîne alimentaire, mais seulement localement", explique M. Boxall.

L’iode ayant une "vie radioactive" très courte - sa radioactivité diminue de moitié en huit jours - la contamination aura disparu au bout de quelques mois, même en cas de forte "reconcentration".

Le césium 137, lui, "présente des capacités de fixation assez faibles chez les espèces marines", avec des facteurs de concentration compris entre 10 (mollusques céphalopodes) et 400 (poissons), selon l’IRSN.

Mais sa période radioactive est bien plus longue, 30 ans, d’où un risque de contamination durable des sédiments des fonds marins.

"Ma principale inquiétude serait pour le voisinage immédiat du site, à deux ou trois kilomètres autour de la centrale de Fukushima, où il pourrait y avoir une augmentation de la concentration en radioactivité des dépôts sous-marins", précise Simon Boxall.

Une telle éventualité nécessiterait une "zone d’exclusion" de la pêche dans la durée, comme ce fut le cas dans la Baltique après Tchernobyl en 1986. "Là, on parle d’années", précise-t-il.

"Dans cette zone d’exclusion, il n’y aurait aucune pêche. Au-delà, il y aurait une autre zone qu’on surveillerait régulièrement pour déceler d’éventuelles traces de radioactivité", explique l’océanologue.

"Mais c’est difficile à évaluer tant qu’ils n’ont pas fait des mesures pour déterminer l’ampleur de la pollution", conclut-il.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP