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Projet MEMO : le Mnemiopsis leidyi est-il une menace pour la Manche/Mer du Nord ?

Dernière mise à jour le lundi 18 avril 2011

Article paru sur le site "La Voix du Nord" - Samedi 09 Avril 2011
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Projet MEMO : le Mnemiopsis leidyi est-il une menace pour la Manche/Mer du Nord ?

Une équipe de chercheurs boulonnais participe au projet européen interrégional MEMO. L’objet de son étude : une parente de la méduse, très invasive, qui a décimé les stocks de poissons dans les mers noire et Caspienne dans les années 80 et 90 et pourrait bien déferler sur notre littoral.

PAR EMMANUELLE DUPEUX

1 Un projet européen.- Nom de code : Mnemiopsis leidyi. Caractéristiques : très transparente et aimant voyager. Et aussi très collante mais pas urticante, contrairement à sa "cousine" la méduse. Cette charmante bestiole est l’objet de l’étude européenne MEMO (1) à laquelle participent Jean-Michel Brylinski et Dorothée Vincent, enseignants chercheurs au laboratoire d’océanographie et de géosciences de l’ULCO, à Wimereux, avec trois de leurs collègues. Lancé en janvier dernier, ce projet interrégional européen (2) associe 4 pays : la Belgique (chef de projet), l’Angleterre, les Pays-Bas et la France (ULCO et Ifremer).

2 Une espèce invasive... À l’origine américaine, ce « cténaire » a été introduit en mer noire dans les années 80, apportée par les eaux de ballast des bateaux, puis a colonisé la Caspienne. Dans ces deux mers fermées, elle a « complètement perturbé l’écosystème pélagique » explique Jean-Michel Brylinski.

Vorace en zooplancton, larves et oeufs de poissons, elle a décimé les stocks, en particuliers d’anchois, entraînant des « pertes économiques énormes ». On l’a ensuite repérée en mer baltique en 2006, en 2007 près du Danemark. Il y en a déjà beaucoup dans les mers intérieures hollandaises et « pas mal » au large de la Flandres. On en a vu en 2008-2009 pas loin de Gravelines puis à Calais. En « faible effectif, précise Dorothée Vincent, et on les a observées parce qu’on les cherchait ». Mnemiopsis leidyi est en effet « une espèce très fragile et très transparente... On peut facilement passer à côté » 3 Et collante.-Mnemiopsis, qui est très gluante, a aussi la fâcheuse tendance à colmater certains filets de pêcheurs, et peut poser problème aux systèmes de refroidissement des industries. Par exemple les centrales nucléaires... 4 Trois objectifs Les chercheurs boulonnais vont poursuivre 3 objectifs. Ils étudieront tout d’abord où se trouve l’espèce et en quelles proportions. Du 21 avril à fin juillet, ils iront jeter leurs filets à plancton à Calais, Dunkerque et au « point Somlit », en face d’Equihen. Ensuite, ils travailleront en labo, plus spécifiquement sur la nutrition de l’espèce : « nous l’élèverons et ferons des expériences pour savoir ce qu’elle consomme, en quelle quantité, et comment elle se reproduit... » Enfin, la troisième étape consistera à prédire le développement de l’espèce en Manche et mer du Nord et « à donner des mesures de prévention, si on peut ». L’occasion aussi d’opérations de communication lors de colloques et aussi auprès des pêcheurs, du grand public, etc.

Faut-il vraiment craindre une invasion de Mnemiopsis sur nos côtes ? « Nos écosystèmes sont différents de ceux de mers fermées et chaudes , relativise Jean-Michel Brylinski, il y a chez nous des courants de marée forts et cette espèce est fragile ». D’un autre côté, « elle s’adapte à toutes les conditions ». L’étude MEMO s’avère donc nécessaire.

(1) Mnemiopsis Ecology and Modelling Observation of an invasive comb jellyfish in the North Sea.

(2) L’étude est financée jusqu’en 2013.



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