Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > « Pour une gestion durable de la Petite mer »

« Pour une gestion durable de la Petite mer »

Dernière mise à jour le jeudi 4 novembre 2010

Article paru sur le site "Ouest-France.fr" - Mardi 02 Novembre 2010
Visualiser l’article original



« Pour une gestion durable de la Petite mer »

La vaste lagune de Gâvres est un bassin naturel propice aux espèces marines. Mais pêcheurs de loisir et pêcheurs professionnels peinent à cohabiter.

Entretien Jean-Luc Veille,
directeur départemental adjoint des territoires et de la mer du Morbihan,
délégué à la mer et au littoral (ex-Affaires maritimes).

A quelles réglementations la Petite Mer de Gâvres est-elle soumise ?

Jusqu’en 2004, aucune réglementation ne s’imposait aux pêcheurs à pied professionnels dans cette zone. Cette année-là, des pêcheurs sont venus d’ailleurs, notamment de la baie de Somme, pour pêcher la coque. Ils ont mis la zone à blanc, ou presque. Résultat : tout le monde a demandé à l’administration de la classer. On l’a fait. Les pêcheurs professionnels ont été soumis à des dates de pêche et des quotas. Les pêcheurs de loisir, eux, ont pu continuer comme avant, à condition de ne prélever que trois kilos environ pour leur consommation personnelle ou familiale et bien sûr de ne pas vendre.

La ressource est suivie par l’Ifremer...

L’Ifremer fait des prospections chaque année, au mois de mars. Cela permet d’évaluer le stock de coquillages et la part commercialisable, c’est-à-dire les coques d’au moins 2,7 cm.

Comment va la coque ?

La zone ayant beaucoup souffert en 2004, les professionnels n’en ont pas ou peu pêché en 2005, 2006, 2007. Cette année, les prospections ont fait état d’une biomasse totale de 240 tonnes dont la moitié de commercialisable. Finalement, le quota global pour 2010 a été fixé à 100 tonnes, à raison de 150 kg par jour et par pêcheur détenteur d’une licence.

Les pêcheurs professionnels aimeraient que la fermeture de la coque soit étendue à la pêche de loisir. Seul le préfet de la région Bretagne peut en décider, non ?

Absolument. La demande d’étendre la fermeture a été faite en juin par le comité local des pêches de Lorient-Étel. Mais ce n’est qu’une demande, pas une décision. Fin juillet, nous avons réuni les maires des quatre communes concernées, Gâvres, Riantec, Port-Louis, Plouhinec. Nous nous sommes revus fin septembre en présence de deux scientifiques de l’Ifremer. Il a été convenu de se revoir à nouveau début 2011, et, au vu des résultats des nouvelles prospections, de regarder ensemble quelles mesures adopter pour une gestion durable des coques de la Petite mer.

Le document évoque aussi la palourde. La coque ne serait donc pas le seul coquillage visé ?

La palourde est mentionnée parce que les gisements sont mélangés. Mais les professionnels, très majoritairement, visent la coque.

Ne serait-il pas plus simple de rayer le mot palourde ?

C’est un document émanant des professionnels, pas de l’administration. Et je rappelle une fois encore que la demande d’étendre la fermeture n’est qu’une demande.

Elle a provoqué une levée de boucliers chez les riverains...

Un certain nombre de personnes ont fait courir de fausses informations. Soyons bien clairs : il n’a jamais été question d’interdire aux pêcheurs de loisir de pêcher dans la Petite mer de Gâvres. Ils n’ont par contre pas le droit de vendre.

Vous visez l’association SOS Petite mer.

Quand une association encourage les gens à frauder, elle se décrédibilise elle-même.

Pour vous, l’association n’est pas un interlocuteur ?

Nous travaillons avec la fédération des pêcheurs de loisir du Morbihan qui représente des associations responsables. L’administration ne s’interdit pas d’avoir plusieurs interlocuteurs, dès lors que ce sont des personnes qui n’encouragent pas les autres à enfreindre la loi.

Recueilli par Charles JOSSE.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP