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Pierre Karleskind : « Les Bretons doivent pouvoir pêcher en mer Celtique »

Dernière mise à jour le lundi 27 janvier 2020

Article paru sur le site "Le Télégramme :"
- 08 Janvier 2020
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Pourquoi la protection du cabillaud et du merlan aboutit-elle à une éviction des bateaux bretons ?

Le stock de cabillaud s’est effondré en mer Celtique. Les quotas de pêche ont été donc réduits par le conseil des ministres de la pêche de l’Europe, le 18 décembre. En soi, la proposition va dans le bon sens. Mais cette décision a été assortie d’une mesure technique qui interdit les chaluts de fond et impose le chalut flottant ou « raise line » qui reste à un mètre de hauteur des fonds marins. Or, en mer Celtique, les pêcheurs bretons pêchent essentiellement des poissons de fond, comme la lotte, la raie et la cardine. Ce qui va devenir très difficile pour eux. La mesure les pénalise lourdement bien qu’ils ne ciblent pas du tout le cabillaud. Cette espèce n’est pour eux qu’une prise accessoire, de l’ordre de 4 %.

Ce chalut flottant est-il efficace pour éviter les captures de cabillaud ? Les pêcheurs parlent de « supercherie »…

On ne comprend pas l’intérêt de cette décision, car le cabillaud ne reste pas sur le fond. On le retrouve dans toute la colonne d’eau. La technique n’a d’ailleurs pas été validée par le comité scientifique, technique et économique de la pêche (CSTEP). Des bateaux irlandais ont juste testé quelques traits de chalut à la demande de l‘Europe.

Quelles en seront les conséquences pour les armements et les transformateurs ?

Les conséquences socio-économiques seront très importantes. 70 à 90 bateaux de pêche bretons vont voir leur chiffre d’affaires chuter. Le manque à gagner est estimé à 13 millions d’euros. Les armements les plus touchés sont l’Armement bigouden, la Houle, sur la côte sud, et les armements Eouzan et Porcher, sur la côte nord. Toute la filière sera impactée et notamment les entreprises bretonnes de transformation. Il est encore difficile d’évaluer les conséquences.

Pourquoi le ministre français a-t-il laissé faire ? Les Pêcheurs de Bretagne parlent d’une « débâcle de l’administration française », présage d’un Brexit difficile…

Le ministre de la Pêche s’est battu toute la nuit, jusqu’à 6 h du matin. Il a juste obtenu un délai de cinq mois. Il n’a pas été soutenu par les autres pays européens. Les Irlandais, qui présentaient la proposition, ne sont pas concernés car ils ne pêchent pas le poisson de fond. Quant aux autres pays, ils ne sont pas intervenus. La mesure prise par le conseil n’aura aucune efficacité. Une telle mesure ne devrait pas être prise en une nuit et les parlementaires européens devraient aussi avoir leur mot à dire.

Est-il possible de proposer une solution alternative solide ?

Nous y travaillons avec l’organisation professionnelle Les Pêcheurs de Bretagne, le comité des pêches et les services de l’État. Nous allons faire une contre-proposition qui reprendra les conclusions d’une étude européenne où la mer Celtique a été divisée en zones. Chacune de ces zones pourra être momentanément fermée à la pêche dès que les captures de cabillaud y seront significatives. On travaillera aussi sur la réduction des mailles des chaluts. J’ai fait inscrire ce sujet à l’ordre du jour du conseil pêche du 20 janvier auquel je participerai..

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