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Petite mer de Gâvres (56). Fronde contre un projet d’interdiction de la pêche à pied

Dernière mise à jour le lundi 27 septembre 2010

Article paru sur le site "Le Télégramme.com" - Jeudi 23 Septembre 2010
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Petite mer de Gâvres (56). Fronde contre un projet d’interdiction de la pêche à pied

Tempête sur la Petite mer de Gâvres ? Après la vente au nom du droit coutumier, voilà qu’une réglementation en forme d’interdiction soulève un nouveau vent d’indignation sur la Petite mer de Gâvres.

Sur la Petite mer de Gâvres, les prochaines grandes marées risquent de charrier leur flot de mécontents. Après la vente (illégale) des plaisanciers au nom du droit coutumier qui électrise ce petit bout de paradis, voilà qu’un texte réglementant la pêche met le feu aux poudres. Lundi soir, la grogne est venue des élus de Gâvres en conseil municipal, vent debout contre une réglementation fixant quotas et dates de pêche. Ce calendrier, élaboré et validé par le comité local des pêches, vise bien les professionnels. Là où le bât blesse, selon les élus, c’est que ce texte viserait par ricochet les pêcheurs plaisanciers, privés d’estran durant de longs mois. Au motif que la préservation des gisements (de coques principalement) n’aurait de sens que si ce principe est appliqué par tous les pêcheurs, professionnels ou non. D’oùl’idée, contestée, de diviser les zones de pêche, avec mise en « jachère » du secteur nord puis du secteur sud. Adieu donc huîtres, palourdes, coquillages et crustacés ! C’est du moins ce que redoutent les édiles. Mardiprochain, la fronde va gagner l’autre rive puisque ce projet s’invitera à l’ordre du jour du conseil de Riantec puis de Port-Louis. Làencore, les vents de la contestation vont souffler fort. Le principe ayant peu de chance de trouver de nouveaux supporters.

« Préserver la ressource »

Là où l’affaire se gâte, c’est qu’un garde-juré, financé par une augmentation substantielle des cotisations des professionnels (80.000 EUR au bas mot) sera chargée de faire veiller au respect d’une réglementation jusqu’alors trop rarement appliquée. « Notre seul souci est la préservation de la ressource, insiste Olivier LeNézet, le président du comité local des pêches de Lorient. Cette réglementation découle d’informations d’Ifremer, ce qui nous conduit à fermer des zones aux professionnels (une centaine sur la Petite mer de Gâvres) et donc logiquement aux pêcheurs plaisanciersdans un secteur où la revente illicite est, hélas, trop souvent monnaie couran
te ».

Concertation rime avec tension

Aux Affaires maritimes, on plaide aussi pour la gestion d’une pêche durable. « Faudra-t-il attendre l’extinction de la ressource pour agir », interroge Thierry Olivier, soucieux également de ne pas attiser le feu : « Cette réglementation est en cours de réflexion. Laconcertation avec les élus continue ». D’autant que l’interdiction de l’estran aux pêcheurs plaisanciers ne serait applicable qu’au seul motif impérieux de préservation de la ressource. Une décision que seul le directeur interrégional de la mer (DIRM) est habilité à prendre. Cette hypothèse n’est pas à exclure en Petite mer de Gâvres, selon le représentant des Affaires maritimes, qui s’étonne au passage de cette polémique bruyante. Reste une question : une interdiction, fut-elle temporaire et au nom de la préservation de la ressource, pourra-t-elle être appliquée ? Onvoit mal, en effet, le garde-juré endiguer le flot des pêcheurs. D’autant que bon nombre d’entre eux ont déjà fait savoir qu’ils braveraient l’interdit, au nom d’une tradition. C equ ele sélus ont-semble-til- bien du mal à démentir.

Régis Nescop



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