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Pêche de grands fonds. Mieux connaître les stocks

Dernière mise à jour le mardi 14 juin 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Jeudi 09 Juin 2011
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Pêche de grands fonds. Mieux connaître les stocks

Une base de données alimentée par les patrons de pêche pour évaluer le stock des poissons de grands fonds. C’est la réponse apportée par les professionnels aux attaques des organisations environnementalistes.

On croyait la hache de guerre enterrée, avec les conclusions, à l’automne dernier, de la mission chargée de remettre un rapport sur la pêche de grands fonds. L’association environnementaliste Bloom a pourtant remis le couvert en mai, en rendant publique ses conclusions lapidaires sur la pêche des poissons de grands fonds et contre l’armement lorientais Scapêche. Des formules chocs qui dénoncent les aides publiques dont a bénéficié Scapêche pour construire sa flotte de deux chalutiers, spécialisée dans cette pêche.

Mieux encadrer la flottille

Nouvelle salve et nouveau haussement d’épaule de la profession qui, imperturbablement, continue le travail effectué depuis dixans pour mieux connaître l’état des stocks et permettre un meilleur encadrement de la flottille, aujourd’hui réduite à une portion congrue. Franck Evrat est ingénieur halieutique. Depuis cinq ans, il collecte les informations que lui donnent les patrons des chalutiers lorientais et boulonnais qui pêchent en ouest ou nord Ecosse, au-delà de 400-500mètres de profondeur. Une base de donnée commencée par ses prédécesseurs en 2000 et financée par les professionnels à travers l’organisation de producteurs PMA (Pêcheurs de Manche et d’Atlantique).

Onze ans de données

Plus de 30.000 traits de chalut, détaillés avec la durée du trait, la localisation, l’espèce ciblée, la profondeur, la météo... Onzeans de collecte saisie par FranckEvrat et mise à disposition des scientifiques d’Ifremer, qui analysent les données brutes, avant de remettre leurs conclusions à d’autres scientifiques. Ceux du CIEM (Conseil international pour l’exploitation de la mer) mandatés par l’Union européenne pour émettre un avis sur l’état des stocks de poissons de grands fonds. « La parole d’évangile, c’est la leur », résume Franck Evrat. On n’est pas toujours d’accord avec eux, mais ils travaillent à partir des documents que nous avons collectés au départ.Des données précises qui n’existent sur aucune autre pêcherie. » C’est la ligne de défense face aux attaques de Bloom qui visent à interdire purement et simplement la pêche des poissons de grands fonds.

Une exploitation possible mais modeste

Alors que disent les experts du CIEM ? « Ils ne disent pas que les stocks sont surexploités, mais que, de part leur biologie, ces poissons ne peuvent supporter que des ponctions restreintes. Ils ne disent pas que les stocks sont effondrés et qu’il faut tout arrêter.L’approche du CIEM est de dire qu’il y a une possibilité d’exploitation durable à des niveaux modestes, équivalents à ceux d’aujourd’hui », précise FranckEvrat. « On continue notre travail de transparence. On est persuadé que c’est la bonne démarche. »

Sophie Paitier



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