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Pêche. André Le Berre ne lâche rien face à Bruxelles

Dernière mise à jour le lundi 18 avril 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Samedi 09 Avril 2011
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Pêche. André Le Berre ne lâche rien face à Bruxelles

Économies d’energie, pêche plus sélective, bateau du futur... ÀLorient, hier, le président du comité régional des pêches a redit sa détermination à faire front contre des mesures européennes perçues comme inefficaces ou néfastes.

André Le Berre, vous refusez les répulsifs à cétacés sur les filets que veut imposer Bruxelles ?
Oui, car on a fait des recherches qui nous apportent la preuve que non seulement ce système est cher et très contraignant, mais surtout inefficace. Sur le parc naturel marin d’Iroise, sept cétacés ont été pêchés en un an et demi, dont deux dans des filets munis de répulsifs : c’est quand même bizarre ! On a fait remonter ces données à Bruxelles, mais leur réglementation est figée dans le marbre. Qu’importe, on est aussi têtu que Bruxelles et on continuera à défendre nos positions.

N’y a-t-il pas d’efforts à faire sur la selection des espèces pêchées ?
Si, bien sûr, il y a des efforts à faire, et on en fait, mais c’est difficile. On est sélectif depuis très longtemps sur beaucoup d’espèces. Mais quand Bruxelles veut nous interdire de pêcher la raie brunette alors que nous et Ifremer disons qu’elle n’est pas menacée, c’est embêtant. À Bruxelles, il y a beaucoup d’ONG environnementalistes : on en respecte certaines, mais d’autres sont extrémistes.

Où en êtes-vous sur le front des économies d’energie sur les bateaux de pêche ?
C’est pour nous une nécessité économique autant qu’écologique. On travaille pour économiser le carburant, par exemple sur les hélices ou sur la forme des chaluts. On veut mettre en place des économètres analytiques pour surveiller les consommations excessives ou inutiles d’électricité et de carburant. On suit aussi de très près un projet mené par la société malouine AvelVor Technologies, qui veut installer une voile sur les bateaux de pêche.

Qu’en est-il du bateau de pêche de nouvelle génération que vous appelez de vos voeux ?
On se bat toujours pour ce bateau du futur, pour avoir l’autorisation de Bruxelles d’investir dans ces navires plus économes en énergie et confortables. Mais on n’y est pas. On travaille toujours avec des bateaux dont la conception date de trente ans. Le fait de ne pouvoir renouveler ces navires est aussi un frein à l’installation des jeunes.

C’est d’ailleurs par manque d’effectif que l’État veut supprimer les spécialisations pêche dans les lycées d’Étel et de Paimpol ?
L’État prend le problème à l’envers : il ne faut pas supprimer ces formations. Si on manque de jeunes, c’est parce que le métier manque d’attrait. Si on nous donnait des ouvertures, cela inciterait les jeunes à s’installer.

Propos recueillis par Gwen Catheline



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