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Ouverture de la conférence de Nagoya sur la biodiversité

Dernière mise à jour le mercredi 20 octobre 2010

Article paru sur le site "L’Express.fr" - Lundi 18 Octobre 2010
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Ouverture de la conférence de Nagoya sur la biodiversité

Le monde ne peut se permettre de laisser disparaître les richesses naturelles, ont affirmé les Nations unies à l’ouverture lundi à Nagoya d’une conférence internationale sur la biodiversité et la défense des écosystèmes.

Des représentants de plus de 190 pays sont réunis pour deux semaines dans cette ville du centre du Japon afin de tenter de donner une "juste valeur" aux bénéfices tirés des forêts, des barrières de corail et des océans qui sous-tendent l’activité humaine.

Selon l’Onu, qui organise cette "conférence des parties" de Nagoya, les ressources naturelles, ou "capital naturel", disparaissent à un rythme alarmant, sans précédent depuis l’extinction des dinosaures il y a 65 millions d’années.

"Cette réunion s’inscrit dans le cadre des efforts menés pour répondre à une réalité toute simple - nous sommes en train de détruire la vie sur Terre", a déclaré à l’ouverture de la conférence Achim Steiner, directeur du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

"C’est de notre vie qu’il s’agit. C’est la vie sur cette planète qui est en jeu et il ne faut pas que la génération à venir nous accuse d’avoir été irresponsables", a-t-il ajouté.

"POINT DE NON-RETOUR"

"Nous nous approchons du point de non-retour pour ce qui est de la biodiversité", a estimé pour sa part le ministre japonais de l’Environnement, Ryu Matsumoto. "Si des mesures ne sont pas prises, ce point de non-retour pourrait être atteint d’ici dix ans."

L’objectif de Nagoya, où les Etats liés par la Convention sur la biodiversité biologique sont réunis du 18 au 29 octobre, est de définir les moyens de lutter contre la destruction d’espèces animales et végétales qui sont vitales à la survie de l’humanité.

Selon une étude publiée ce mois-ci sous les auspices de l’Onu, les dégâts causés à l’environnement par l’activité humaine en 2008 ont représenté 6.600 milliards de dollars, soit 11% du PIB mondial.

Les délégués seront rejoints à la fin de la semaine prochaine par les ministres de l’Environnement des pays participants.

"Ce que le monde attend de Nagoya, ce sont des accords qui mettront fin à la disparition dramatique et continue de pans entiers du patrimoine naturel mondial", a déclaré Jim Leape, directeur général de WWF International, le Fonds mondial pour la nature.

"Si nous voulons préserver la vie sur Terre et éviter la destruction de l’environnement, il faut que les gouvernements agissent pour protéger les océans et les forêts et arrêter les dégâts causés à la biodiversité", a renchéri Nathalie Rey, chargée des océans à Greenpeace.

Un traité sur le partage des richesses génétiques de la nature entre les nations et le monde industriel, en discussion depuis des années, est aussi au centre des négociations.

OBJECTIF 2020

Les nations en développement veulent un partage plus juste des ressources tirées des écosystèmes qu’elles abritent. Les plantes médicinales en fournissent l’un des exemples les plus spectaculaires : des pays comme la Colombie, le Brésil ou l’Inde veulent pouvoir profiter des revenus tirés par l’industrie pharmaceutique de l’exploitation de ces plantes.

Mais les discussions sur ce nouveau régime international d’accès et de partage des avantages (dit ABS) avancent lentement. Les groupes pharmaceutiques et les entreprises de l’agroalimentaire s’inquiètent de ses modalités pratiques.
Les Nations unies estiment que les pays doivent apprécier à leur juste valeur les bénéfices que les économies tirent des écosystèmes (eau, nourriture, air ou médicaments).

En 2002, les pays participant à la Convention sur la biodiversité biologique s’étaient engagés à "parvenir d’ici à 2010, à une réduction significative du rythme actuel d’appauvrissement de la biodiversité".

L’objectif ne sera pas atteint. L’Onu estime dans ses dernières Perspectives mondiales de la diversité biologique que "de multiples signes indiquent que le déclin se poursuit".

A Nagoya, les pays participants pourraient se fixer un nouvel objectif, à l’horizon 2020 cette fois.

Protection des stocks de poissons, protection des habitats naturels, extension des réserves maritimes et terrestres : un plan d’action en vingt points pourrait être adopté.

Les pays en développement, où sont concentrées la plupart des espèces naturelles, plaideront, eux, en faveur d’une aide financière accrue. Actuellement, le budget consacré dans le monde à la préservation de la biodiversité est de trois milliards de dollars. Certains pays en développement estiment qu’il en faudrait cent fois plus d’ici 2020.

Achim Steiner s’attend à des discussions difficiles. Mais le directeur du PNUE juge que les pays riches, parce qu’ils bénéficient des richesses de la nature, devraient supporter une part des coûts liés à sa protection.

Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français



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