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Outre-mer : les trésors de la biodiversité française menacés

Dernière mise à jour le mardi 20 décembre 2011

Article paru sur le site "Clicanoo.re" - Mercredi 7 Décembre 2011
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Outre-mer : les trésors de la biodiversité française menacés

Le lagon de Mayotte menacé par une piste aérienne, l’une des dernières forêts boréales à Saint-Pierre et Miquelon détruite par l’arrivée du cerf de Virginie : ces trésors de la biodiversité en Outre-mer sont gravement en danger, selon France Nature Environnement (FNE). “85% de la biodiversité de la France est concentrée dans les Outre-mer, comment peut-on alors lancer une stratégie nationale de la biodiversité qui ne s’appuie pas d’abord sur ces régions ultra-marines ?”, s’est interrogé Benoît Hartmann, directeur des relations extérieures de FNE, à l’issue d’un colloque à Paris. Chacune des régions concernées, surtout insulaires à l’exception de la Guyane, souffre de pressions venant d’une urbanisation accrue, du développement non contrôlé du tourisme avec ses problèmes de gestion de déchets et d’épuration des eaux usées. Elles sont, en outre, contraintes d’importer les trois quarts de leur alimentation et 90% du pétrole pour couvrir les besoins énergétiques.

“La question est de trouver un mode de développement économique compatible avec la richesse de la biodiversité qu’il faut préserver”, a réaffirmé Bruno Genty, président de FNE. L’exemple de Mayotte est éloquent. “Les élus de toutes tendances politiques ont approuvé le projet de nouvelle piste de 2 600 mètres pour l’aéroport avec une justification prétendument économique, disant que cela va régler tous les problèmes du développement de l’île”, explique Michel Charpentier, président de “Naturalistes de Mayotte”.

RÉCIF CORALLIEN ÉTOUFFÉ

Mais le projet met en danger le lagon et son récif corallien qui sera étouffé par “500 millions de m3 de remblais”, alors que c’est le “site de nourrissage des tortues marines et du mammifère dugong, tous deux espèces menacées”, ajoute-t-il. Représentant un investissement de 300 à 400 millions d’euros, ce projet pourrait être abandonné faute d’argent disponible pour l’État en cette période de crise, selon M. Charpentier. De plus, l’île manque d’infrastructures pour l’accueil de nouveaux touristes, “il n’y a que 400 chambres d’hôtel, les routes sont défoncées et la gestion des déchets est préhistorique”, précise l’écologiste mahorais. D’autres exemples de dangers pour la biodiversité ont été cités. L’une des dernières forêts boréales risque de disparaître à St-Pierre et Miquelon par l’introduction massive de cerfs de Virginie pour la chasse. En Guyane, l’orpaillage illégal menace la forêt amazonienne, à la Réunion les incendies à répétition détruisent chaque année des milliers d’hectares boisés. En Martinique, des terres agricoles ont été sacrifiées pour l’installation de panneaux solaires au sol alors qu’en toitures cela aurait permis de favoriser l’agriculture tout en produisant de l’énergie locale.

“Il faut regarder la compatibilité de certains projets financés par l’État avec la biodiversité”, a reconnu la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet à la fin du colloque, organisé en clôture de l’année de l’Outre-mer français au Conseil économique, social et environnemental. La ministre a souligné qu’elle avait obtenu la suppression de certains d’entre eux. Et de citer l’abandon de l’exploitation d’une mine d’or dans la réserve de la Montagne de Kaw en Guyane.



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