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Ostréiculture. Se diversifier au cas par cas

Dernière mise à jour le mardi 27 septembre 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Mercredi 21 Septembre 2011
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Ostréiculture. Se diversifier au cas par cas

Toujours pas de solution miracle à l’horizon pour sauver les juvéniles d’huîtres décimées par un virus. En attendant, la seule solution pour les ostréiculteurs est la diversification.

Mangera-t-on des huîtres creuses à Noël ? « Bien sûr. On en produit moins à cause du virus mais les consommateurs en achètent moins en dehors des fêtes. L’an dernier, on a fini à l’équilibre. Avec la crise, l’huître est redevenue un produit de luxe », explique Philippe Le Gall, vice-président du comité régional de la conchyliculture (CRC). Seront-elles plus chères ? « À peine. Ce devrait être en moyenne de l’ordre de 5 à 6 EUR le kilo en vente directe. Après, dans les commerces, on pourra atteindre, en moyenne, les 7 à 8EUR ». Et les ostréiculteurs, que deviennent-ils en attendant que l’on trouve une solution à la surmortalité des jeunes huîtres ? Certains ont mis la clef sous la porte, d’autres grignotent leur trésorerie. Mais il en est qui ont encore les reins solides, parce qu’ils ont été davantage préservés des attaques du virus ou (et) qu’ils ont commencé à diversifier leurs activités. Justement, hier, à Vannes, au salon national de la conchyliculture, la diversification était de toutes les conversations.

Surtout pas d’improvisation

« Attention ! Il ne faut pas se lancer sans réfléchir, prévient Alain Dréano, secrétaire général du CRC Bretagne Sud. Il n’y a pas de solution unique mais des réponses au cas par cas ». Opter pour un autre type de production est une vraie aventure économique. Certains, comme les établissements Thaëron, de Riec-sur-Bélon, vont bientôt faire un essai de culture d’algues du côté de La Forêt-Fouesnant. Mais ce sera sur une surface limitée pour mesurer l’intérêt de la chose. L’an prochain, les Riécois envisagent aussi de lancer une activité de produits cuisinés à Lorient. On le voit, les ostréiculteurs ne restent pas inactifs dans l’adversité.

Un choix par défaut

« Mais que ce soient les algues, les pétoncles, les oursins ou les ormeaux, à chaque fois, il faut vérifier s’il y a des débouchés. Aujourd’hui, on est sur des marchés mondialisés », met en garde Alain Dréano. Le volet technique n’est pas non plus négligeable. « Il faut consacrer beaucoup de temps à une production d’ormeaux », affirme Sylvain Huchette, le gérant fondateur de la société France Haliotis, de Plouguerneau. « Sans compter qu’il faut des investissements importants et attendre trois ans avant de pouvoir commercialiser. Ce qui n’est pas à la portée des ostréiculteurs en difficulté ». Reste le tourisme : accueil, visite dégustation sur l’exploitation. Là encore, des obstacles attendent le professionnel en recherche de diversification. Le code fiscal limite à 30% du chiffre d’affaires et à 50.000 EUR l’activité complémentaire. « C’est une activité chronophage mais très valorisante pour le professionnel », affirment ceux qui ont fait ce choix... Un choix par défaut, en attendant la sortie de crise.

Flore Limantour



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