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Ophiures. Ces étoiles mangeuses d’algues vertes

Dernière mise à jour le lundi 6 février 2012

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Vendredi 03 Février 2012
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Ophiures. Ces étoiles mangeuses d’algues vertes

En baie de Douarnenez et dans la rade de Brest, les ophiures, cousines des étoiles de mer, prolifèrent. Le phénomène est-il lié aux algues vertes, une des bases de leur alimentation ?

Les fonds marins du littoral breton subissent parfois de forts mouvements de population. Dans les années 80, la baie de Douarnenez avait été le théâtre d’une colonisation d’étoiles de mer asterias (les rouges) avec une incidence non négligeable sur certaines espèces, telles les coquilles Saint-Jacques dont elles sont un prédateur. Depuis quelques années, c’est un phénomène encore plus spectaculaire qui est observé en baie de Douarnenez et dans la rade de Brest : la prolifération des ophiures noires, des échinodermes proches des étoiles de mer. Ifremer, Parc marin d’Iroise, Institut universitaire de la mer... Tous les scientifiques qui observent de près l’écosystème marin complexe de la pointe bretonne n’ont pas manqué d’être interpellés par cette prolifération. Elle est, très probablement, liée aux sources alimentaires, première cause du développement d’une espèce car, ici, le réchauffement climatique semble n’y être pour rien.

Présente depuis longtemps

L’ophiure noire était déjà présente depuis longtemps mais en quantité nettement moins dense que les véritables champs désormais observés, dans les fonds marins, au large de Douarnenez et Brest. Or, il est maintenant clairement établi que les résidus d’algues vertes constituent une des principales bases alimentaires des ophiures, même si cette espèce opportuniste capte bien d’autres éléments nutritifs en suspension avec ses cinq bras articulés.

Un mucus répulsif !

Sur le sujet, Aline Blanchet se veut prudente. Cette jeune scientifique prépare une thèse de doctorat sur les ophiures noires mais ne veut pas établir de lien direct avant d’en avoir apporté la preuve. « Il est bien sûr tentant, dit-elle, de faire un rapprochement entre la prolifération de cette espèce et les éléments organiques d’origine terrestre qui ont enrichi le milieu marin. Mais pour l’instant ce n’est pas scientifiquement prouvé ». À partir de plongées, d’échantillonnage et de traceurs du milieu, Aline Blanchet consacre entièrement sa thèse à cette espèce, surprenante par son opportunisme alimentaire, ses facultés d’adaptation à tous les milieux(sauf la vase) et son système de défense contre les prédateurs : un mucus répulsif très efficace ! « Mais elle peut aussi subir une mortalité subite et forte sans que l’on en connaisse la cause », observe, de son côté, Stanislas Dubois, chercheur à Ifremer. À l’inverse, les étoiles de mer asterias, prédatrices des coquilles

Saint-Jacques, semblent, elles, en voie de régression dans la baie de Douarnenez. Plutôt une bonne nouvelle pour le Parc marin d’Iroise qui va y effectuer, au printemps, une opération de réensemencement de coquilles pour l’éventuelle relance d’une petite flottille de pêche.

René Perez



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