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Mortalités des huîtres : la course de vitesse

Dernière mise à jour le lundi 18 avril 2011

Article paru sur le site "La Manche Libre" - Jeudi 07 Avril 2011
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Mortalités des huîtres : la course de vitesse

Face aux mortalités des huîtres, les écloseurs fourniront des familles d’huîtres résistantes en 2014. Trop tard ?

Les ostréiculteurs victimes des mortalités - depuis 2008 surtout -, qu’elles aient concerné les huîtres issues de naissains sauvages ou d’écloserie, arriveront-ils à surmonter cette redoutable épreuve ? Patron de l’écloserie France naissains, Stéphane Angeri tend à le penser. A condition, précise-t-il, d’accepter que des solutions n’interviennent que très progressivement. Ce qui ne devrait pas aller sans mal, l’heure étant plutôt à l’urgence chez les professionnels.

“De 400 à 500 familles d’huîtres”

“Face aux mortalités, plusieurs réponses ont été imaginées. Il y a d’abord le plan “R” (pour résistantes) qui consiste à utiliser des familles d’huîtres reconnues comme résistantes par l’Ifremer à la suite des mortalités d’avant 2008.” Ces huîtres ont été remises aux écloseurs privés, dont les quatre regroupés au sein de SFC (Sélection française conchylicole), afin qu’ils produisent des naissains destinés aux ostréiculteurs. Cependant, et c’est le plus important selon Stéphane Angeri, les travaux menés par l’Ifremer ont montré que la solution passait par la sélection de telles familles. “Malheureusement, les collectivités locales, les professionnels et les écloseurs n’ont pas réussi à s’entendre pour travailler ensemble”. Devant l’échec de cette seconde réponse, SFC se crée au printemps 2009 afin de procéder elle-même à un travail de sélection. “A la fin de cette année-là, notre outil de travail est prêt. Nous nous lançons alors dans la sélection de familles (des couples père et mère) avec l’appui technique d’un organisme spécialisé".

Une sélection en 2012

Dans la foulée, SFC collabore aussi avec l’Ifremer sur les huîtres sauvages. En 2010, l’objectif des quatre écloseurs (dont la manchoise Satmar à Gatteville-Phare) était de produire 240 familles d’huîtres par an pendant deux ans. Finalement, le groupement parvient à produire 196 familles au cours de la première année. Ces huîtres, auxquelles s’ajouteront celles obtenues l’année suivante, seront placées dans les mêmes conditions que les huîtres qui ont subi de très importantes mortalités. “A la fin de l’année en cours, nous disposerons de 400 à 500 familles, parmi lesquelles nous garderons les plus résistantes en faisant en sorte d’éviter le phénomène de consanguinité.” A partir de là, la tentation des ostréiculteurs pourrait être d’aller vite pour remonter la pente. Mais la SFC les met en garde : pour cela, il faudrait utiliser les familles les meilleures, qui sont donc très peu Face aux mortalités des huîtres, les écloseurs fourniront des familles d’huîtres résistantes en 2014. Trop tard ? - Production La production basnormande représente 21% de la production nationale d’huîtres et 25% de la production nationale de moules de bouchot. En tonnage, cela correspond à 30 000 tonnes d’huîtres, 19 000 tonnes de moules et plus de 250 tonnes de palourdes. - Entreprises 284 entreprises sont réparties sur les six bassins de production conchylicole bas-normands : Asnelles- Meuvaines, Baie des Veys, Est Cotenin, Sud Sienne, Agon-Coutainville, Pirou- Portbail et les îles Chausey. - Japon Les ostréiculteurs français pensaient importer des huîtres du Japon. Après un premier voyage sur place en octobre dernier, ils devaient faire un second déplacement. Mais la zone de production se trouvait à Sendaï, ville rasée par le tsunami du 11 mars 2011. REPERES Eviter les risques” Stephane Angeri, directeur de France naissains. nombreuses. Dans ces conditions, il y a un risque de consanguinité et “l’expérience ne durerait pas plus de dix ans”. La meilleure solution serait alors de choisir un éventail de familles plus large pour éviter ces inconvénients. Problème : la sélection de ces dernières familles d’huîtres ne commencera qu’en 2012. Si bien qu’elles ne seront disponibles qu’en 2014, et les professionnels n’obtiendront leurs premières huîtres commercialisables qu’en 2016. Pour Stéphane Angeri, ce délai semble supportable car “il reste des dizaines de milliers de tonnes d’huîtres, sauvages ou d’élevage”. Si malgré tout les ostréiculteurs ne peuvent attendre, il reste la solution des importations du Japon (lire ci-contre). Les écloseurs n’y sont pas favorables, évoquant des risques sanitaires, et en tout état de cause, conseillent de ne s’engager dans cette voie que très progressivement. Une contrainte qui découle de toute façon de la réglementation européenne.



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