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Mortalité des huîtres : le plan de bataille

Dernière mise à jour le mardi 15 mars 2011

Article paru sur le site "La Manche Libre" - Samedi 12 Mars 2011
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Mortalité des huîtres : le plan de bataille

La guerre contre la mortalité des huîtres creuses est engagée. Mais la victoire est encore éloignée.

"Face au phénomène de la mortalité des huîtres creuses, nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre. Quand le feu est à la maison, il ne s’agit pas de savoir quelle qualité d’eau il faut utiliser pour éteindre l’incendie." Loin d’être catastrophistes, ces propos tenus par Olivier Richard, directeur du SMEL (syndicat mixte pour l’équipement du littoral) de Blainville-su-Mer se veulent avant tout réalistes. Une attitude qui se comprend aisément au vu de la gravité, et de la persistance, du phénomène : aujourd’hui, la mortalité touche environ 80 % des huîtres creuses élevées par les ostréculteurs, basnormands en l’occurrence.

"Faire face économiquement aux mortalités"
La profession peut -elle nourrir des espoirs raisonnables de voir des solutions apportées au problème qui menace la survie de beaucoup d’entreprises ? A court terme, probablement pas considère Olivier Richard. "L’objectif aujourd’hui est de réduire petit à petit l’importance des mortalités grâce notamment à l’amélioration des pratiques de culture." Mais il s’agit aussi de pouvoir disposer de naissains d’huîtres sélectionnés en fonction de leur résistance aux mortalités. A partir de là sont menées des opérations de réensemencement des parcs. Après une première tentative malheureuse fin 2010, qui a dû être écourtée, une seconde a commencé courant janvier. Cette fois, les naissains produits par l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) sont issus non plus d’huîtres ayant résisté aux mortalités de 2008, mais d’huîtres de générations plus récentes.

Diriger le repeuplement
"De cette façon, l’ambition est de permettre dès à présent aux ostréiculteurs de faire face économiquement à des mortalités qui seront moins importantes." A côté de ce plan de sauvegarde qui associe des écloseries, les comités régionaux de la conchyliculture (dont celui de Normandie-Mer du nord), et l’Ifremer, figurent des initiatives privées de sélection.
Les écloseries qui y participent, dont la Satmar (société atlantique de mariculture) à Gatteville le Phare dans le Val de Saire, mettront en vente les naissains d’huîtres résistantes qu’ils auront sélectionnés. "Plus largement", précise l’Ifrefmer, "les professionnels, les collectivités territoriales, en l’occurrence les conseils généraux de la Manche et du Calvados et le Conseil régional, attendent un plan de sélection national et collectif". Le but ? Fournir aux ostréiculteurs les naissains vendus par les écloseurs, et ceux qui serviront à une opération de "repeuplement dirigé". Il s’agit, explique l’Ifremer, de constituer des gisements de reproducteurs caractérisés par une meilleure survie. D’où ensuite la possibilité de capter en mer des naissains issus de ces reproducteurs. Ce "repeuplement dirigé" permettrait "de disposer d’huîtres sélectionnées pour leur meilleure survie à partir de 2012-2013". Une autre piste, explorée à la demande des comités régionaux de conchyliculture pour sortir de la crise actuelle, est l’introduction de souches d’huîtres creuses en provenance du Japon. Des tests sont en cours qui portent sur la présence d’éléments pathogènes dans ces huîtres, et naturellement sur leur capacité à résister à l’une des principales causes des mortalités : la présence d’un virus dit "herpès" et celle de bactéries. Chez les ostréiculteurs, on croise les doigts en attendant que les travaux de recherche débouchent sur des moyens de lutte efficaces contre les mortalités.



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