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Marée noire en Louisiane : des experts contestent l’optimisme de l’administration

Dernière mise à jour le mercredi 18 août 2010

Le Monde.fr - Mercredi 18 Août 2010



Marée noire en Louisiane : des experts contestent l’optimisme de l’administration

Près de 80 % du pétrole provenant de la fuite du puits exploité par BP dans le golfe du Mexique serait encore dans l’océan, ont estimé mardi 17 août des experts américains. Des conclusions qui remettent fortement en question les évaluations très optimistes du gouvernement américain. Dans leur rapport publié le 4 août, les autorités affirmaient en effet que 74 % des 4,9 millions de barils (779,1 millions de litres) de brut qui se sont déversés dans l’océan entre le 20 avril et le 15 juillet avaient été éliminés.

Selon la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), "la plus grande partie du pétrole de la marée noire provoquée par BP s’est soit évaporée, ou a été brûlée, récupérée en mer ou dispersée..." Mais ce n’est pas l’avis des cinq experts de Géorgie à l’origine du récent rapport.

"CE PÉTROLE EST TOUJOURS DANS L’OCÉAN, SOUS LA SURFACE"

"Nous avons seulement ré-analysé le rapport du gouvernement fédéral (et) calculé la quantité de pétrole pouvant probablement se trouver encore dans l’océan, et c’est comme cela que nous sommes arrivés à 70 à 79 %", a expliqué Charles Hopkinson, un des experts qui ont travaillé sur la nouvelle étude. "Une des principales erreurs est de penser que le pétrole qui s’est dissout dans l’eau a disparu et est de ce fait inoffensif", a mis en garde cet océanographe. "Ce pétrole est toujours dans l’océan, sous la surface, et il faudra probablement des années avant qu’il ne se dégrade complètement."

Interrogé mardi, un responsable fédéral s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a lui aussi revu à la baisse le chiffre annoncé début août. Selon lui seul 50 % du brut aurait été éliminé. Il a précisé qu’environ 25 % des 4,9 millions de barils avaient été brûlés ou récupérés en surface, les autres 25 % ont été dispersés, soit naturellement soit avec des dispersants chimiques. Il évalue ainsi à la moitié la quantité de pétrole qui se trouverait toujours sous la surface de l’océan, sans qu’on sache exactement où. De plus, l’impact durable de ce pétrole, même dégradé, sur les micro-organismes des fonds marins reste totalement inconnu.

Charles Hopkinson, de l’Université de Géorgie, a souligné que, contrairement aux hypothèses avancées par le rapport fédéral, la plus grande partie du pétrole qui a fui par 1 500 mètres de fond n’est pas encore remontée à la surface où elle s’évaporerait rapidement. Selon Ed Overton, un océanographe de l’Université de Louisiane , "il faudrait au moins deux ans de recherches" avec des équipements spécialisés pour effectuer "une évaluation acceptable" de la quantité de pétrole qui se trouve dans l’océan, en raison de la vaste étendue à explorer et de la complexité de la tâche.



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