Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Lorient (56). Boues de dragage : « Il faut tout reprendre à zéro » selon (...)

Lorient (56). Boues de dragage : « Il faut tout reprendre à zéro » selon Sémaphore

Dernière mise à jour le mardi 11 janvier 2011

Article paru sur le site "Le Télégramme" - Vendredi 07 Janvier 2011
Visualiser l’article original



Lorient (56). Boues de dragage : « Il faut tout reprendre à zéro » selon Sémaphore

André Dorso a participé à la réflexion sur les boues de dragage, au niveau du Grenelle de la mer. Pour lui, l’enquête publique sur les boues de la base des sous-marins qui doivent être clapées en mer, est caduque.

Vous faites autorité en matière de boues issues des dragages. Pourquoi ?
Je suis président de l’association Sémaphore, créée à l’occasion du dragage du port de LaTrinité, il y a un an et demi. Nous sommes affiliés à la fédération « France Nature Environnement », qui regroupe 3.000 associations au niveau national. J’ai participé, dans le cadre du Grenelle de la mer, au groupe sédiments et dragages qui a travaillé au premier semestre 2010.

Que pensez-vous du dragage de 150.000m³ de vase à la base des sous-marins quidoivent ensuite être immergées au large de Groix ?
Le dossier lorientais est le premier à sortir après l’adoption du schéma des dragages du Morbihan, arrêté par le préfet en août dernier. Ce schéma fixe les règles que doit respecter un maître d’ouvrage qui présente un dossier de dragage. Il a été élaboré par l’ensemble des acteurs concernés et contient des avancées que l’on ne retrouve pas dans le dossier lorientais.

Quelles sont ces avancées que ne respectent pas le dossier présenté par l’enquête publique actuellement en cours ?
Le schéma impose une concertation avec tous les acteurs, bien en amont, avec deux réunions avec tous les acteurs. Le maître d’ouvrage, ici Cap l’Orient, est tenu de faire au moins une autre proposition que l’immersion, même si le schéma n’interdit pas l’immersion. Si le schéma avait été respecté, le carottage des boues n’aurait pas été effectué à 50cm, mais sur toute la hauteur des sédiments à draguer. Comment voulez-vous argumenter dans un dossier d’enquête publique avec des prélèvements à 50cm, alors que l’on va draguer à 2,50m. Les nouveaux prélèvements effectués mercredi, c’est bien, car leur analyse est le point critique. Mais çaaurait dû être fait en septembre.

L’enquête publique se termine le 12janvier. De nouveaux prélèvements ont été faits. Le dossier est-il dans une impasse ?
Oui et la faute en incombe au maître d’ouvrage, à savoir Cap l’Orient. On ne comprend vraiment pas pourquoi Cap l’Orient, qui a participé à l’élaboration de ce schéma départemental, au final ne le respecte pas.

Que faut-il faire alors ?
L’enquête publique est caduque. Il faut tout reprendre à zéro, et cette fois Cap l’Orient doit faire une proposition chiffrée sur le coût d’une solution à terre.

On avance toujours le coût qui serait trop élevé...
Alors pourquoi les Belges traitent-ils toutes leurs boues à terre ? La préservation de l’environnement a un coût. Avec ce raisonnement, on aurait encore des décharges sauvages qui coûtent moins chers qu’une usine de traitements des ordures. C’est la même logique.

Même si ce sont des boues « propres » ?
Nous avons fait des calculs avec des éléments que nous avons trouvés dans le dossier d’enquête et à partir d’un référentiel officiel du ministère de l’Environnement. Selon nos résultats, sur les 150.000m³, il y aura 26,3 tonnes de métaux lourds déversés, dont 11 tonnes de zinc, 4,5 tonnes d’aluminium, 4 tonnes de chrome, 1,7 tonne de cuivre, 2,3 tonnes de plomb, 1,6 tonne de nickel, 1,006 tonne d’arsenic et 7,8tonnes de mercure. Ces métaux lourds sont actuellement pris dans les sédiments, quand vous les draguez, vous les remettez en suspension. Comment peut-on dire que ce n’est pas grave ? Soyons prudents, respectons les règles que l’on s’est données et réfléchissons à la façon de mettre en place une filière de retraitement. Plus il y aura de boues traitées à terre et plus les prix baisseront.

Propos recueillis par Sophie Paitier



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP