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Les récifs coralliens menacés

Dernière mise à jour le jeudi 27 janvier 2011

Article paru sur le site "Le Figaro" - Mercredi 26 Janvier 2011
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Les récifs coralliens menacés

Le changement climatique n’est pas le seul ennemi du corail. 40 à 50% des récifs se trouvent dans un état critique.

Les nouvelles maladies qui s’attaquent aux coraux pourraient avoir un impact bénéfique… C’est ce que laisse supposer une étude publiée cette semaine dans la revue américaine Pnas (Proceedings of the National Academy of Sciences ). « Les maladies sont une des causes principales de la dégradation des barrières de corail et cela devrait empirer avec les changements climatiques futurs », expliquent les chercheurs. Mais, en faisant tourner des modèles, ils ont montré que cela pouvait également provoquer l’émergence de nouvelles espèces. Cette sélection naturelle provoquerait, selon eux, « un turnover au sein de nouveaux écosystèmes et améliorerait la résistance aux épizooties ».

Des coraux qui seraient aptes à réagir ? « Il y a dans la nature une capacité permanente à s’adapter à un environnement changeant. Plus on conserve de la diversité, plus il y a une capacité de réaction », confirme Serge Planes, biologiste au CNRS et l’un des conseillers scientifiques de l’Icri (International Coral Reef Initiative), dont le secrétariat est actuellement assuré par la France. « Si les différents stress qui affectent les récifs ne les tuent pas, ceux-ci peuvent effectivement devenir plus réactifs, poursuit-il, mais ne nous berçons pas d’illusions. Il n’est malheureusement pas rare que les coraux malades ne s’en remettent jamais et disparaissent définitivement. »

El Nino

Aujourd’hui, on estime que 20 à 25% des massifs coralliens sont irrémédiablement détruits et 40 à 50% se trouvent dans une situation critique. On sait par ailleurs que l’action anthropique locale est la cause première de cette destruction. « C’est lié au développement côtier, à l’urbanisation, au développement de l’aquaculture, à la sédimentation… », rappelle Serge Planes . Si l’on ajoute à la pression anthropique le réchauffement des eaux ou encore des événements climatiques extrêmes tels que des cyclones, alors les coraux ont peu de chance d’en réchapper.

À la fin de la semaine dernière, les autorités thaïlandaises ont ainsi annoncé la fermeture sine die de dix-huit sites de plongée dans sept parcs maritimes nationaux. Les coraux de la mer des Andaman et du golfe de Thaïlande souffrent d’un grave blanchissement. En cause, le réchauffement de l’eau lié notamment à des événements météorologiques extrêmes (courant El Nino) mais aussi à des activités touristiques excessives à proximité des récifs.

Lorsqu’un massif corallien est abîmé, « il lui faut dix, douze, voire quinze ans pour se reconstituer. Et encore, pas dans sa totalité », précise Serge Planes. Mais s’il subit entre-temps d’autres attaques, le cumul de ces agressions peut lui être fatal. Les barrières de corail jouent un rôle essentiel de protection des écosystèmes et des côtes en les mettant notamment à l’abri de la houle et des vagues. « Pour le moment, la décroissance des barrières de corail semble se ralentir », assure encore le chercheur, qui refuse de céder au pessimisme. Quand des mesures concertées de protection sont prises, « on voit des améliorations », assure-t-il. Et tout est bon, y compris lorsque des grands groupes de tourisme réintroduisent du corail, véritable produit d’appel pour leurs clients.

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Par Marielle Court



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