Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Les pêcheurs augmentent les prix du poisson

Les pêcheurs augmentent les prix du poisson

Dernière mise à jour le mardi 19 avril 2011

Article paru sur le site "Clicanoo" - Mercredi 13 Avril 2011
Visualiser l’article original



Les pêcheurs augmentent les prix du poisson

Avec un carburant détaxé à des niveaux historiques, le coût d’exploitation des pêcheurs réunionnais s’envole. Cette hausse conjuguée à celle des appâts met notamment le segment palangrier dans l’œil du cyclone. Conséquence imparable, les prix de vente du thon et de l’espadon vont grimper de 50 centimes par kilo.

La hausse record du prix des carburants ne touche pas uniquement les transporteurs de plein fouet. Les pêcheurs, avec un gazole détaxé à 85 centimes/litre, auraient bien aimé être présents à la réunion qui se déroule aujourd’hui (lire ci-contre). Le Syndicat des armateurs réunionnais à la pêche palangrière pélagique (SARPPP) en avait fait la demande auprès de la Région. La préfecture a refusé au motif que “la réunion concerne uniquement les usagers de la route” et “les pêcheurs bénéficient déjà d’une exonération fiscale”. Pourtant la question est brûlante. Surtout pour le segment palangrier (une trentaine de bateaux) qui œuvre en grande partie dans les eaux malgaches. En moins d’un an, le prix du gazole pêche a pris “50 %, 25 % en seulement trois mois”, signale Philippe Guérin, membre du SARPPP et président de l’interprofession réunionnaise (1). Le poste carburant représente “entre 20 % et 25 % de notre chiffre d’affaires”. Fabrice Minatchy, président de l’Opromar (2), chiffre le surcoût “à 2 500 euros par marée pour un palangrier de 16 à 20 m”. Il poursuit : “Sur vingt marées, le coût d’exploitation par bateau augmente de 25 000 à 30 000 euros. Les marins, payés à la part, perdent en moyenne 200 euros par marée”. La hausse du carburant a rejoint celle du prix des appâts. “Ce dernier est passé de 1,65 à 2,50 euros”, signale Robert Dijoux, président du SARPPP. Les deux postes réunis représentent “40 % du chiffre d’affaires”, précise Philippe Guérin.

Une hausse progressive

Les pêcheurs se sont donc tournés vers la Région sans parvenir à obtenir une table ronde sur “une aide transitoire”, signale le patron de l’Aripa. Visiblement, les services de l’État ne veulent pas s’en mêler pour l’instant. Jean Ballandras, secrétaire général des affaires régionales, estime d’ailleurs que “la problématique est nationale”. Quoi qu’il en soit, Philippe Guérin veut aussi les rencontrer pour plancher sur un programme d’économies d’énergies. “Nous avons des projets pour s’attaquer à la racine du mal en réduisant la facture carburant. Cela va de la formation des équipages à l’installation d’économètres à bord et, même, jusqu’aux navires du futur”. Mais le problème urgent demeure. Et inévitablement, les professionnels vont répercuter les surcoûts de production sur le prix du poisson. Certains l’ont déjà fait. Philippe Guérin justifie : “Malheureusement nous n’avons pas d’autre choix si nous voulons permettre aux marins de vivre décemment et aux bateaux de continuer à pêcher. Tout cela se fera en toute transparence dans le cadre de l’interprofession”. La hausse prévue sur le thon et l’espadon atteint “les 50 centimes par kilo pour le consommateur”. À la débarque et avec un produit brut sans aucune transformation (4 à 4,50 euros le kilo aujourd’hui), “l’augmentation devrait atteindre entre 20 à 25 centimes par kilo”. Tout cela se fera “progressivement dans les semaines à venir”. Les GMS et les restaurateurs devront assimiler la nouvelle et la répercuter sur les étals et les cartes

Bruno Graignic

(1) : Association réunionnaise de l’interprofession pêche et aquaculture.

(2) : Organisation des producteurs de poissons pélagiques et d’élevages marins de La Réunion.


Les petits pêcheurs trinquent aussi

La grogne monte également chez les pêcheurs côtiers, même s’ils sont moins consommateurs de carburant. Le comité des pêches, en pleine déconfiture politique (lire nos précédentes éditions), le confirme. Cette hausse du carburant s’ajoute à une longue liste de doléances. Félix Payet, président du groupement de l’Etang Salé, lance : “Cette hausse va nous impacter directement. D’autant plus, que beaucoup d’entre nous s’approvisionnent dans les stations-service à cause d’un carburant détaxé qui génère des avaries moteurs ou/et de pompes mal positionnées sur le territoire. À cela s’ajoute, la problématique des dispositifs de concentration de poisson arrachés et non entretenus”. Le comité des pêches estimait hier que sur une trentaine de DCP, il n’en restait plus que la moitié.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP