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Les océans, des ressources abyssales

Dernière mise à jour le jeudi 31 mars 2011

Article paru sur le site "20 Minutes" - Jeudi 24 Mars 2011
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Les océans, des ressources abyssales

ENVIRONNEMENT - Dans leur rapport 2011, l’AFD et l’Iddri font le point sur l’énorme potentiel de ressources des océans. Et sur leur fragilité…

Les océans vont-ils constituer l’enjeu majeur de l’avenir de l’homme ? C’est ce que pensent les spécialistes de l’AFD (Agence française de développement) et del’Iddri (Institut de développement durable et de relations internationales). Ils viennent de publier l’édition 2011 de « Regards sur la Terre », ouvrage qui décrypte chaque année « la complexité des processus qui composent le développement durable ». L’édition de cette année est largement consacrée aux océans. « La question de la gouvernance des hautes mers, représentant 70% des mers, mais n’ayant aucun statut, devra être posée rapidement », affirme Julien Rochette, de l’Iddri. « Cette situation n’est en effet plus adaptée face aux enjeux grandissants de l’exploitation de ces milieux marins. » Explications.

Une biodiversité à découvrir

« La surface des grands fonds marins découverte à ce jour correspond à peu près à celle de Paris intra-muros », indique Julien Rochette. Or, 95% de la biosphère et une très grande diversité de la biodiversité planétaire se trouveraient dans le milieu marin. « On découvre en moyenne deux espèces par jour » assure Raphaël Jozan, de l’AFD.

Une ressource pour les énergies

Aujourd’hui l’exploitation énergétique des océans se concentre essentiellement sur les énergies fossiles, via les techniques off-shore. « Un tiers des énergies fossiles dans le monde provient de l’off-shore » rappelle Julien Rochette, et « la course à l’exploitation n’est pas prête de s’arrêter, étant donné les coûts d’extraction, de plus en plus faibles ». Cependant cette technique représente un risque majeur pour la biodiversité, comme l’a montrél’accident de Deep Water l’année dernière au large des Etats-Unis. « Et beaucoup de concessions sont accordées dans l’Arctique, une zone où la biodiversité est très fragile » signale Julien Rochette.

Nombre de ressources restent cependant inexploitées ou devraient être approfondies. De grandes fermes éoliennes se développent en Europe du Nord (Royaume-Uni, Danemark, Norvège, Allemagne). L’énergie houlomotrice en est, elle, à ses débuts, mais apparaît comme potentiellement viable dans les zones de forte houle : les vagues peuvent en effet devenir une source d’énergie importante. L’énergie marémotrice, mieux connue et exploitée depuis très longtemps déjà, connaît de son côté une évolution de la technicité. Des systèmes de turbines sous-marines devraient progressivement remplacer les barrages existants pour exploiter cette ressource. Enfin l’énergie des courants océaniques représente aussi une gigantesque source d’énergie inexplorée.

Un lieu d’exploration pour la recherche scientifique

L’investigation du potentiel de l’environnement marin a commencé au début des années 1950. On découvrait alors des composés issus d’une éponge des Caraïbes possédant des propriétés antivirales et anticancéreuses. Depuis la liste des produits marins découverts s’allonge chaque année. « Ces organismes qui résistent à des pressions énormes intéressent au plus haut point l’industrie pharmaceutique », explique Julien Rochette. « Mais les secteurs des cosmétiques et de l’agro-alimentaire se penchent aussi sérieusement sur les fonds marins », indique Pierre Jacquet, chef économiste de l’AFD.

Une solution contre le réchauffement du climat ?

Les océans régulent les concentrations atmosphériques du dioxyde de carbone (CO2), gaz à effet de serre qui contribue au réchauffement de la planète. Or, il va falloir leur en faire absorber davantage pour contrer le bouleversement du cycle naturel du carbone. Une des techniques explorées s’appelle la fertilisation des océans par le fer. Cela consiste à ensemencer des régions océaniques d’infimes quantités de fer de façon à stimuler la croissance des micro-organismes type phytoplancton, qui captent le CO2. Une expérience a été menée en 2009 et 2010 par une expédition germano-indienne dans l’Atlantique Sud-Ouest. Elle a suscité de nombreuses controverses. « On joue avec quelque chose qu’on ne connaît pas », estime Laurence Tubiana, directrice de l’Iddri, « et ce n’est pas du tout encadré ». « Nous avons certes besoin d’innovations technologiques, mais la question des précautions à mettre en place autour reste ouverte. »

A lire : Regards sur la Terre 2011, édition Armand Colin, 25€.

Mickaël Bosredon



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