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Les naissains d’huîtres meurent toujours

Dernière mise à jour le mardi 22 juin 2010

Ouest-France - Lundi 21 Juin 2010



Les naissains d’huîtres meurent toujours

Depuis 3 ans, une mortalité inexpliquée s’abat sur les naissains d’huîtres. Les entreprises ostréicolessont en péril. Les jeunes professionnels réagissent.

5 ouvriers licenciés

« Il ne fait pas chaud comme la première année, mais ça reprend de plus belle, ce mois-ci. C’est moins violent mais continu. On perd 20 % des naissains chaque jour depuis 3 ou 4 jours. » Ça, c’est la mortalité qui touche les naissains d’huîtres de façon inexpliquée depuis trois ans. Jean-François Danlos, installé à Blainville vit très difficilement la situation. « Pour la première fois de ma vie, je suis stressé. Je ne me reconnais pas. » En deux ans, il a dû licencier 5 ouvriers. Il travaille désormais avec un seul employé. « Le roulement de naissain est cassé chaque année. Il va me rester grosso modo un quinzième de ma production en fin d’année. »

Les jeunes ostréiculteurs

La toute nouvelle organisation syndicale des Jeunes ostréiculteurs a dressé un tableau très sombre de la situation aux deux députés européens en visite samedi : « Fin 2010, nous aurons épuisé nos stocks d’huîtres (commercialisables en trois ans, c’est-à-dire les huîtres survivantes de la première année de mortalité). Nous n’aurons plus rien à vendre mais nous aurons des emprunts à rembourser. » Notre syndicat compte 15 membres et souhaite mettre en place des outils pour diversifier l’activité des entreprises, notamment vers l’algoculture (culture des algues).

Des demandes d’aide

Les ostréiculteurs, pris à la gorge, souhaiteraient être aidés pour l’achat de la moitié de leurs naissains. Ils voudraient aussi que les investissements à venir soient cautionnés par l’État et que leurs anuitées soient reportées.

Recherche européenne

Alain Cadec, vice-président de la commission pêche au Parlement européen et Dominique Riquet, député européen ont rencontré les professionnels samedi. « Il faut que l’on avance sur les causes de cette mortalité. Cette catastrophe naturelle doit cesser. Pourquoi ne pas demander aux meilleurs laboratoires européens de plancher sur le sujet ? » Alain Cadec a promis d’évoquer le cas des ostréiculteurs devant ses collègues du Parlement et de la commission pêche.

Manque de représentativité

Les ostréiculteurs ont souffert jusqu’alors du manque de représentativité de leur profession. Ici en France mais aussi en Europe, car il semble que la mortalité touche les côtes de la mer du Nord jusqu’au Maroc.

Des raisons d’espérer

Las d’attendre des réponses d’Ifremer, les 15 jeunes ostréiculteurs ont fait leur propre expérience avec des huîtres survivantes issues de captage naturel sur un site à Saint-Germain-sur-Ay. Cette expérience est en cours depuis le début d’année, « et alors que nous avons 80 à 90 % de mortalité ailleurs, nous n’avons aucune mortalité sur ce site, explique Pierre-Aurélien Danlos, 19 ans, le plus jeune. Nous avons réalisé nous-mêmes ce télécaptage. On se forme car ce n’est pas notre métier à la base. On ne veut pas crier victoire trop tôt. Attendons ! »

Céline GUITTON.



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