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Les déchets du tsunami dérivent dans le Pacifique

Dernière mise à jour le mardi 21 juin 2011

Article paru sur le site "Ouest-France" - Mardi 21 Juin 2011
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Les déchets du tsunami dérivent dans le Pacifique

En se retirant, la vague géante a emporté des millions de tonnes de déchets vers l’océan.Entraînés par les courants, certains d’entre eux vont voyager pendant des années...

Le 11 mars, le nord-est du Japon était doublement frappé, par un violent séisme puis par un tsunami. Cette catastrophe a laissé derrière elle, « environ 25 millions de tonnes de déchets », estime Charlotte Nithart, directrice de l’organisation environnementale Robin des Bois. Et la vague, en se retirant, « a emporté des maisons, des voitures... », relève l’Université américaine d’Hawaï.

Cette masse de déchets, impossible à évaluer, dérive maintenant dans l’océan, « à la vitesse de 5 à 10 miles marins par jour (8 à 17 km/h) dans un infernal cercle : la boucle du Pacifique-Nord », ajoute Robin des Bois. « C’est une circulation connue depuis longtemps, détaille François Galgani, chef de projet à l’Ifremer de Bastia. Ces déchets vont aller vers l’est. Une partie va se détacher en direction des îles Hawaï », où ils sont attendus au printemps 2012.

Dix ans de « croisière »

L’autre branche de déchets va rejoindre la zone de convergence de l’est de l’océan Pacifique. Certains y resteront bloqués. D’autres continueront vers le sud puis l’ouest, vers l’Indonésie. Durée de la « croisière » : dix ans ! Ensuite, ils seront peut-être attrapés par une autre zone de convergence, plus petite, récemment localisée, où les courants les emprisonnent.

« Nous étudions ces déchets post-catastrophes depuis une dizaine d’années, rappelle Charlotte Nithart. Pour le Japon, nous avons cherché à savoir quels matériaux étaient concernés. » La liste est impressionnante et les dangers qu’ils constituent sont particulièrement variés. Cela va « des appareillages électriques ou électroniques qui relarguent en mer des polluants persistants » aux « sacs d’engrais agricoles » ; « des avions, bateaux, voitures qui vont rejeter des hydrocarbures, et autres liquides toxiques » aux « médicaments des armoires à pharmacie ».

Il faut encore compter « les déchets physiques tels que des conteneurs, des troncs d’arbres... » ; « les poissons et cétacés qui se prennent dans des bouts de filets qui traînent », l’étouffement des algues par la décomposition de plaques de béton armé. « La mer n’est pas une grande lessiveuse », souligne Charlotte Nithart qui rappelle que « les conventions nationales interdisent l’immersion de déchets dans tout l’océan mondial ».

« Ce peut être moins grave que spectaculaire », relativise François Galgani. Cette pollution est accidentelle. Tout arrive en masse. Est-ce pire que la pollution chronique qui frappe certaines zones côtières, pendant des décennies ? Il n’en reste pas moins que le tsunami a provoqué une autre pollution invisible mais bien réelle : une pollution radioactive. Et cette radioactivité durera des milliers d’années.

Philippe SIMON



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