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Les clés pour comprendre le dossier des algues vertes

Dernière mise à jour le mardi 9 août 2011

Article paru sur le site "Maville.com" - Jeudi 4 Août 2011
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Les clés pour comprendre le dossier des algues vertes

La mort de 36 sangliers à Morieux relance la polémique sur les algues vertes. Agricultureet image du département : les enjeux sont majeurs.

Pourquoi ? Comment ?

Les algues vertes, c’est quoi ?

Aussi appelées laitues de mer, ces algues appartenant au genre ulvas, sont très courantes sur le littoral. Leur présence est donc normale dans les baies de Saint-Brieuc et de Saint-Michel-en-Grève. Ce qui ne l’est pas, c’est leur quantité qui forme les marées vertes.

Quel danger ?

« Dans l’eau, absolument aucun », assurent les scientifiques du Centre d’étude et de valorisation des algues (Ceva), basé à Pleubian. Mais leur décomposition sur le rivage dégage un gaz toxique _ l’hydrogène sulfuré ou H2S, à l’odeur d’oeuf pourri _ qui présente un risque avéré pour la santé, confirmé dès la visite du Premier ministre, en août 2009. On sait que, au-delà de 500 ppm (parties par million de molécules d’air), la dose peut être mortelle. Les victimes perdent conscience, montrent des symptômes de détresse respiratoire, avant de faire un oedème pulmonaire. Des méfaits irréversibles. D’où la préconisation de ramasser les algues sous 48 heures A ce jour, l’H2S apparaît aux yeux de tous comme responsable de la mort d’un cheval et de deux chiens. Et il est fortement suspecté d’être aussi à l’origine de la disparition des 36 sangliers à Morieux, en juillet. Par ailleurs, la justice est toujours saisie du dossier de Thierry Morfoisse, décédé brutalement, après avoir transporté des algues en décomposition en juillet 2009.

Comment prolifèrent-elles ?

Les marées vertes résultent de la combinaison de plusieurs facteurs. Plates, peu profondes et bien éclairées : les baies de Saint-Brieuc et de Saint-Michel-en-Grève sont propices à ce développement. Les algues vertes trouvent ici toute la nourriture nécessaire _ du phosphore et de l’azote _ qui rend leur développement anarchique en pleines eaux. L’azote se trouvant dans les nitrates, l’agriculture intensive est souvent pointée du doigt. « On pense bien sûr à l’épandage, mais aussi à la forte proportion des surfaces cultivées, favorisant le ruissellement rapide de l’eau vers la mer qui n’a plus le temps de se débarrasser de ses nitrates », explique Patrick Dion, responsable du service algues et qualité du milieu au Ceva.

L’agriculture unique responsable ?

Non. Les experts estiment que le cocktail azote-phosphore n’est pas uniquement imputable à l’agriculture. Les activités du passé (industrie, développement des villes...) ainsi que la géologie sont responsables de la présence du phosphore dans les baies. Piégé en grande quantité dans les sédiments littoraux, il est très difficile à éliminer. « Aujourd’hui, on ne peut donc intervenir que sur l’azote », selon le Ceva. De gros efforts ont déjà été réalisés par les agriculteurs sur ce point, mais des années seront nécessaires avant qu’ils ne portent leurs fruits.

Comment gère-t-on le problème ?

Depuis le passage du Premier ministre à l’été 2009, l’État a pris conscience du problème et s’est engagé dans un plan d’actions d’une enveloppe de 134 millions d’euros sur cinq ans. Il se divise en trois volets : prévention, ramassage systématique et traitement en milieu sécurisé. En amont, chaque territoire doit donc revoir de manière très ambitieuse sa politique agricole.

Pourquoi le dossier est-il aussi sensible ?

À propos des algues vertes, beaucoup de questions restent sans réponses. On connaît encore peu le mécanisme qui les fait apparaître à tel endroit plutôt qu’à tel autre, davantage telle année, moins la suivante. Pourquoi plus précocement une année et plus tard une autre ? Quel impact réel sur la santé humaine et animale à court et à long terme ? Comment les traiter ? La Bretagne veut développer des programmes pour tenter de répondre à ces questions et mettre un terme à ce fléau qui nuit à l’image des Côtes-d’Armor, département rural et touristique.

Véronique CONSTANCE



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