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Les algues vertes coûtent plus d’un milliard d’euros

Dernière mise à jour le mardi 9 août 2011

Article paru sur le site "Le Figaro" - Jeudi 4 Août 2011
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Les algues vertes coûtent plus d’un milliard d’euros

INFOGRAPHIE - Depuis 2009, la moitié de la somme consacrée au ramassage des algues vertes est prise en charge par l’État.

La somme consacrée à la collecte des algues vertes sur le littoral breton l’an passé est de 1 million d’euros, la moitié étant prise en charge par l’État depuis 2009. Le reste est supporté par les collectivités, communes, mairies et agglomérations, donc par le contribuable. Mais ces algues ont un coût beaucoup plus important : pour connaître le véritable prix des conséquences de ces marées vertes depuis plus d’une trentaine d’années, il faut prendre en compte d’autres critères, comme le préjudice économique et touristique pour la région. D’où le chiffre final d’un milliard d’euros pour toutes ces années.

Si les communes ont commencé à ramasser les algues en 1997, les dépenses ont explosé en 2009, à la suite de la mort d’un cheval par œdème pulmonaire, sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor). À cette date, les ramassages se sont intensifiés. Au 25 juillet 2011, on chiffre déjà à 37.000 tonnes la quantité d’algues ramassées en Bretagne pour 36.000 tonnes à la même époque, l’an dernier.

En comparaison, les 134 millions d’euros mis sur la table par l’État font pâle figure. L’Agence de l’eau, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) ainsi que les collectivités se sont aussi engagées à mettre la main au portefeuille et ce, pour les cinq années à venir. Cette aide intervient dans le cadre du plan national de lutte contre les algues vertes mis en place en 2010. Si 11 millions seront consacrés au ramassage et au traitement de la « laitue verte » le reste de la somme viendra alimenter des mesures de prévention des marées vertes incluant notamment les agriculteurs de la région.

Enterrée ou traîtés

En matière de ramassage, la participation de l’État s’échelonne aujourd’hui entre 50% et 80% des coûts des travaux. En revanche, pour ce qui est du traitement, le président de la communauté d’agglomération de Lannion-Trégor, Joël Le Jeune, craint que le développement des centres de traitement, souvent éloignés des lieux de ramassage, ne s’accompagne d’un accroissement du prix des transports pour les collectivités qui en supportent seules la charge.

Une fois collectées, les algues sont retraitées soit sous forme de compost, brûlées, enterrées avant d’être transformées en terreau ou en engrais. Or, selon le « recyclage » choisi, les dépenses ne sont pas les mêmes. Ainsi, pour une tonne d’algues vertes ramassée, les coûts varient entre 10 et 30 euros, selon que la laitue soit enterrée ou traitée dans un centre spécialisé.

Pour pallier à l’image désastreuse que génèrent les dépôts d’algues, le ramassage en mer va être à nouveau expérimenté cette année. Encore très coûteuse et n’ayant pas encore fait toutes ses preuves, cette solution pourrait intéresser les communes les plus touchées.

Outre l’addition liée au ramassage, il ne faut pas oublier l’impact des algues vertes sur le tourisme en Bretagne. « La BBC a appelé notre association la semaine dernière, confie ainsi Gilles Huet, délégué général d’Eaux et rivières de Bretagne. Les Anglais voulaient savoir s’ils pouvaient se rendre en Bretagne sans craindre pour leur santé. » Dans la même veine, Gilles Huet raconte qu’en 1970, on dénombrait six hôtels en activité à Saint-Michel-en-Grève. Aujourd’hui, il n’en reste qu’un. Et il est à vendre. Il faut dire que Saint-Michel a perdu sa dotation de commune touristique. « C’est toute la vocation touristique et résidentielle de la Bretagne qui, au-delà des marées vertes, est altérée par les impacts environnementaux de l’agriculture », peut-on lire dans un rapport de 2009 du Conseil scientifique de l’environnement de Bretagne, rédigé notamment par des professeurs de droit et d’économie de l’environnement. Selon eux, « l’ordre de grandeur du montant cumulé des aides publiques investies en Bretagne pour la maîtrise des pollutions agricoles est plus proche du milliard d’euros que de la centaine de millions d’euros ». L’association Bretagne, terre d’eau pure a évalué le coût de la perte pour l’image de la Bretagne. « Nous avons fait les comptes pour la commune d’Hillion dans la baie de Saint-Brieuc et nous arrivons à 500 millions d’euros sur 30 ans. Ce chiffre prend en compte les travaux nécessaires à la dénitratation des réseaux de l’eau mais également le manque à gagner pour les collectivités et les particuliers en raison notamment de la baisse des transactions immobilières », explique Denis Baulier, membre de cette association bretonne.



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