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Le sombre atlas des marées noires intérieures

Dernière mise à jour le lundi 14 mars 2011

Article paru sur le site "Ouest-France" - Jeudi 10 Mars 2011
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Le sombre atlas des marées noires intérieures

Quarante pollutions dans les cours d’eau de la région en trois ans. L’association écologiste Robin des Bois dresse un tableau peu reluisant des atteintes à l’environnement provoquées par les hydrocarbures et les PCB.
« Il n’y a pas de petite pollution. 50 l de fuel déversés accidentellement, par négligence ou volontairement dans un ruisseau, ça peut être une catastrophe pour le milieu. » Christine Bossard, chargée de campagnes à Robin des Bois, s’élève contre les idées reçues : « N’écrivez pas qu’une marée noire intérieure est terminée. C’est faux. Le milieu n’absorbe pas les pollutions. Elles sont simplement déplacées. »

Piochées à plusieurs sources (dont celle de la presse régionale), les informations des pollutions de 2008 à 2010 sont recensées dans un atlas à fiche la sinistrose. « Ça fait froid dans le dos, en effet, confirme la militante. Mais sachez qu’il ne s’agit là que de la face immergée de l’iceberg. »

« Une marée noire tous les deux jours »

Le bassin Loire-Bretagne a officiellement été victime de 168 marées noires intérieures ces trois dernières années, dont 40 dans les seuls Pays de la Loire (lire ci-dessous). « Les marées noires, c’est pas que l’Erika, c’est partout en France, souligne Christine Bossard. Et 643 pollutions dans l’Hexagone, c’est en moyenne une marée noire tous les deux jours. »

Mme Bossard insiste quant à l’impact produit sur toute une chaîne : « L’aval reçoit tout. » Et en appelle à la prise de conscience des populations : « Il faut veiller à la sécurité des cuves de fuel domestique. Des systèmes enterrés fuient pendant des semaines. Pourquoi pas des doubles cuves ? » Car, pour elle, moult pollutions de toute origine pourraient être évitées, avec un peu plus de soins apportés à la maintenance. Et d’en appeler à la responsabilité de chacun : « Par bassin, il faudrait un tribunal compétent sur les pollutions par hydrocarbures. »

Noël Mathieu, qui dirige l’Agence de bassin Loire-Bretagne, n’est pas chargé de la police de l’eau. Mais il n’ignore rien des milieux aquatiques abîmés. « La pollution, dit-il, ça peut être aussi des rivières qui servent de dépôt à ordures. » Il évoque les actions de prévention menées avec les chambres de métiers pour éviter les pollutions par les graisses (par exemple dans la restauration). Ou les actions pour diminuer les effluents d’élevage et l’impact des produits phytosanitaires.

Que pense-t-il de l’atlas de Robin des Bois ? Noël Mathieu perçoit « une plus grande sensibilisation des acteurs. Les accidents sont globalement moins nombreux. Mais cette action est utile, précise-t-il, si elle permet de progresser collectivement. »

Gaspard NORRITO



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