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Le homard en pince pour la pêche

Dernière mise à jour le mardi 11 octobre 2011

Article paru sur le site "La Manche Libre" - Dimanche 09 Octobre 2011
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Le homard en pince pour la pêche

La pêcherie de homard du Cotentin et de Jersey a décroché un écolabel international.

’Notre certification est avant tout la reconnaissance de notre travail,” explique Pascal Thévenin, patron du Joker. Mais le label MSC ne changera en rien leur manière de travailler. ’Notre respect de la ressource et nos techniques de pêche nous conduisaient tout naturellement vers cette certification,” ajoute son copain de pêche, Eric Leguelinel.

“Nous faisions de la pêche durable”

Le label permettra toutefois une approche plus fine et plus globale de la gestion de la ressource halieutique. “Quand on pêche le homard au casier, on capture aussi d’autres espèces (les étrilles...). L’écolabel interviendra donc pour apporter, si nécessaire, des mesures correctives,” indique Arnauld Manner, directeur de Normandie Fraîcheur Mer (NFM).

De même, la taille de capture des homards sera étudiée beaucoup plus précisément. “La quasi-totalité des prises est juste au-dessus du calibre commercial minimum de 87 mm. Ce qui correspond à un poids de 500 à 700 grammes. Nous chercherons à savoir pourquoi il y a si peu d’individus de grande ou très grande taille. Nous tenterons notamment de vérifier la thèse de scientifiques de l’IFREMER qui expliquent ce phénomène par une migration des individus les plus âgés vers le large”.

À l’évidence, la préservation de la ressource est une équation à plusieurs inconnues, qu’on ne saurait gérer avec des solutions simplistes. L’écolabel MSC, avec plus de 30 critères évalués en permanence, rend bien compte de cette complexité. “Derrière son appellation un brin barbare, précise Arnaud Le Bart, responsable français de la certification, notre démarche invite à une bonne gestion. Dans le monde, 129 pêcheries en sont déjà titulaires, dont trois autres en France (1).”

À la différence du Label rouge qui reconnaît uniquement la qualité d’un produit, la certification MSC cible le respect du développement durable et bien sûr l’aspect gustatif du homard. “On a eu une profusion de marques et de labels en France qui sont tous très différents. En revanche, très peu concernent l’environnement. C’est notre spécificité. Malheureusement, en France, nous ne sommes pas encore très connus comme en Allemage.” Cette certification n’en est pas moins une première.“C’est un cas très intéressant de collaboration entre deux pays, la France et Jersey. C’est aussi la première fois qu’un comité régional des pêches s’engage très fortement dans une démarche de ce type.” Il restera à conserver cette certification MSC, en travaillant sur l’état du stock, les effets sur l’environnement... Mais l’impact est déjà énorme pour l’image et la dynamisation de cette pêcherie... en attendant au plus vite l’impact financier.

(1) Les trois autres pêcheries : le lieu noir pêché par l’armement Euronord, la sardine de Bolinch et le lieu noir par des armements bretons.

Les caractéristiques du homard

Chez le homard, il existe deux variétés qui différent légèrement de forme et de couleur. Abondant sur les côtes nord-est du continent américain, l’homarus americanus se caractérise par une carapace de vert foncé à orange. En revanche, son cousin, le homard bleu, vit sur la façade atlantique, du cercle polaire jusqu’au littoral marocain. Son habitat de prédilection est constitué de fonds rocheux où il recherche des coquillages, des vers, des échinodermes, des petits crustacés et des poissons. Il peut vivre jusqu’à 100 mètres de profondeur. Le corps du homard se compose d’un céphalothorax (fusion de la tête et du thorax) et d’un abdomen (ou queue), formé de sept sections dont la dernière est une nageoire caudale en éventail. Il dispose également de six antennes (quatre petites et deux très longues) et de cinq paires de pattes. À l’âge de cinq ans, après avoir changé de carapace une douzaine de fois, il mesure une trentaine de centimètres et pèse environ 500 grammes.

Tous les chiffres

La production française de homard était en 2010 de 185 tonnes sous criée, pour un cours moyen de 17,4 €/kg. Avec 140 tonnes, la Bretagne totalise à elle seule 75 % de l’activité. Les Normands pêcheraient en revanche 29 tonnes (20 tonnes pour Granville, 9 pour Cherbourg), soit à peine 15 % de la production nationale.

La collecte des chiffres est particulièrement complexe en Normandie. En effet les données fournies par France AgriMer correspondent au homard débarqué en criée par les seuls pêcheurs normands et non anglo-normands. En fait, la production totale - normands et anglo-normands, en criée ou non - avoisinerait les 300 tonnes. La balance commerciale du homard est très largement déficitaire. En 2009, la France en a exporté 990 tonnes, tandis qu’elle en importait 5 583 tonnes. La France importe essentiellement du homard dit “canadien” ( 70 % du marché national)



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