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Le golfe du Mexique toujours affecté par la marée noire

Dernière mise à jour le jeudi 21 avril 2011

Article paru sur le site "Le Point" - Mercredi 20 Avril 2011
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Le golfe du Mexique toujours affecté par la marée noire

Le pétrole déversé par la plus grande marée noire de l’histoire des États-Unis pollue encore l’océan, un an après la catastrophe.

Lorsque la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon avait explosé et sombré dans le golfe du Mexique voici un an en faisant 11 morts, les autorités américaines avaient déclaré tout d’abord qu’il n’y avait aucun écoulement de brut en mer. La catastrophe qui a focalisé l’attention de la planète pendant plus de 150 jours s’est produite le 20 avril à 21 h 53, heure locale, (le 21 avril à 3 h 53), quand une poussée de gaz méthane a provoqué une explosion sur la plate-forme, qui forait le puits Macondo 252 au large des côtes de Louisiane. Deux jours plus tard, la plate-forme coulait.

Un an après, le pétrole déversé par la plus grande marée noire de l’histoire des États-Unis encrasse toujours certaines zones humides, pollue l’océan et met en péril la faune, sans parler du lourd bilan supporté par les économies des États de Floride, du Mississippi, d’Alabama et, surtout, de Louisiane. Malgré tout, les dégâts subis par l’environnement depuis la fuite du puits accidenté, qui a déversé plus de quatre millions de barils de pétrole dans les eaux du Golfe en trois mois, semblent bien moins catastrophiques que les pires prévisions, selon certains habitants et experts. "C’est un abominable gâchis, mais ce n’est pas la fin du monde", estime Edward Overton, qui enseigne les sciences de l’environnement à l’université de l’État de Louisiane à Bâton Rouge. "Certains pensaient que ce serait la fin du Golfe pour des décennies, mais ce n’est absolument pas le cas, ajoute-t-il. Aucune de ces prévisions n’était juste."

Vague de litiges

Ce point de vue contrasté ne risque guère de freiner la vague de litiges qui devront être examinés au fil des années à venir par le tribunal fédéral de La Nouvelle-Orléans. Les habitants du Golfe ont vu leurs moyens d’existence dévastés par la marée noire. Plus de 500 000 personnes ont réclamé des dédommagements auprès d’un fonds de 20 milliards de dollars mis en place par BP, propriétaire du puits Macondo, sur les instances du président Barack Obama.

"Les pêcheurs craignent toujours qu’il reste du pétrole au fond du Golfe. Mais nous n’avons pas de moyen de nous en assurer", explique Errol Voisin, directeur de l’usine de produits surgelés Lafitte Frozen Foods, en Louisiane, alors que va commencer la saison de la pêche aux crevettes. Les tortues de mer ont été durement touchées. La population de thon rouge, qui se reproduit seulement dans le nord du golfe du Mexique, était en pleine période de reproduction au moment de la catastrophe. Les naissances de thons rouges ont sans doute diminué de 20 %. Dans de nombreux cas, la marée noire a aggravé des facteurs qui menaçaient déjà l’environnement. Les zones humides, par exemple, jouent un rôle de barrière naturelle contre les vagues dévastatrices provoquées par les tempêtes, mais, depuis plusieurs décennies, l’extension de l’industrie pétrolière et d’autres facteurs en ont réduit la superficie.

16 milliards de dollars

Peu d’endroits illustrent mieux les dégâts infligés par la marée noire que la baie Jimmy, une zone de reproduction des crevettes, poissons et huîtres qui trouvent là des conditions favorables dans un labyrinthe de voies d’eau, au sud de La Nouvelle-Orléans. Les zones de marais autour de cette baie portent encore les stigmates de la marée noire. Dans des zones où toute végétation est desséchée, le pétrole suinte du sol. Depuis le début de l’année, les carcasses de 153 tursiops, mammifères marins de la famille des cétacés, ont été rejetées sur la côte du golfe : 65 d’entre eux étaient des nouveau-nés, ou bien des prématurés, ou mort-nés, selon des chiffres fournis par l’Administration nationale américaine océanique et atmosphérique (NOAA). Ces dauphins avaient été conçus au moment de la marée noire, selon Moby Solangi, président de l’Institut d’étude des mammifères marins, à Gulfport, dans le Mississipi.

BP dit avoir dépensé plus de 16 milliards de dollars à des projets de réhabilitation et de réaménagement, et les dépenses totales devraient dépasser, au bout du compte, les 40 milliards de dollars. Jeudi dernier, le vice-président de BP, Carl-Henri Svanberg, déclarait à ses actionnaires que la réponse du géant pétrolier à la catastrophe "était sans précédent, et, je pense, elle a été reconnue comme telle". L’action BP, qui valait 61 dollars avant l’explosion de la plate-forme, est tombée à 26,75 dollars fin juin, avant de se redresser pour atteindre, ces jours-ci, autour de 45 dollars. "Nous sommes absolument convaincus que l’eau est saine", dit Mike Utsler, cadre supérieur chez BP. "Les habitants et les touristes nous disent que les plages n’ont jamais eu meilleur aspect, les fruits de mer sont sains et délicieux et j’entends dire que la pêche est excellente elle aussi ces temps-ci."



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