Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > Le chalutage profond : une aberration environnementale et économique

Le chalutage profond : une aberration environnementale et économique

Dernière mise à jour le jeudi 20 octobre 2011

Article paru sur le site "Actualité News Environnement" - Mardi 18 Octobre 2011
Visualiser l’article original



Le chalutage profond : une aberration environnementale et économique

Des militants de Greenpeace, ont peint, le 17 Octobre dernier, la coque de 4 chaluts profonds dans le port de Vigo, en Espagne, principal port de débarquement des pêches profondes, y inscrivant « Stop subsidies » : Arrêtons les subventions.

L’organisme a lancé par la même occasion, en Europe, le rapport « Jusqu’au dernier poisson ? Le modèle absurde du chalutage en eau profonde », qui remonte aux sources du crime écologique des grands fonds perpétré en Atlantique Nord-Est par les flottes espagnoles et françaises.

« Le chalutage profond, dont les premiers acteurs européens sont la France et l’Espagne, est un scandale écologique : 100% des espèces profondes que nous pêchons en Atlantique Nord-Est sont surexploitées, selon les scientifiques indépendants de l’ICES (…) Mais c’est aussi un non-sens économique, ces flottes ne survivraient pas sans les subventions européennes », explique François Chartier, chargé de campagne océans.

Le chalutage de fond en haute mer cause des dommages irréversibles : des écosystèmes ayant mis des années à se constituer sont détruits, épuisés…De nombreuses espèces, non visées sont décimées, capturées par le chalut, puis aussitôt rejetées à la mer, mortes ou mourantes.

« Non seulement toutes les espèces pêchées sont surexploitées, mais le chalutage profond est une méthode qui détruit les écosystèmes, laboure littéralement le fond des océans, et entraîne de nombreuses prises accessoires : des espèces capturées mais non initialement visées, qui sont aussitôt rejetées à la mer, mortes ou mourantes. Ces prises (poissons, coraux, etc) peuvent représenter 30 à 60% de chaque coup de filet. Enfin, des études sur le modèle économique des pêches de grands fonds montrent que les bénéfices générés par ces navires ne se montent qu’à 10% de la valeur des prises débarquées, et ceci en tenant compte les subventions qui leur sont versées », note le rapport de Greenpeace.

La pêche en eau profonde est pratiquée depuis les années 60 par les flottes des pays de l’Est en haute mer dans l’Atlantique. Elle s’est développée dans les eaux européennes depuis le milieu des années 80 sous l’impulsion d’armements français.

Aujourd’hui, la flottille française se compose d’une quinzaine de chalutiers exploités à partir des ports de Boulogne-sur-mer, Lorient et Concarneau. Un certain nombre d’espèces dites d’eau profonde sont également capturées par de nombreuses pêcheries artisanales de l’Union européenne.

A elle seule, la France est responsable de 31% des prises d’espèces de grands fonds dans l’Atlantique Nord-Est, derrière l’Espagne (38%).

La flotte de chalutiers profonds français se monte à 25 bateaux, dont 12 appartiennent à la Scapêche, la flotte d’Intermarché, principal acteur du secteur. Enfin, les chalutiers profonds français n’emploient qu’1% des salariés du secteur de la pêche en France. Un modèle de pêche plus artisanal serait plus sélectif, agirait à plus petite échelle et créerait plus d’emplois, peut on lire dans un communiqué de presse.

Pour François Chartier « Ces pêcheries ont été fortement subventionnées par le contribuable européen et français. Par exemple, la Scapêche, a touché 9,7 millions d’euros entre 1996 et 2008 (…) Dans le même temps, la Scapêche affiche une perte d’exploitation cumulée de 7,32 millions d’euros soit 6,8 % du chiffre d’affaires de 2002 à 2008. Le chalutage profond n’est donc tout simplement pas rentable économiquement. »

En 25 ans, cette pêche dangereuse a donc reçu des subsides de l’UE, s’élevant à plusieurs millions d’euros (9,7 millions d’euros entre 1996 et 2008 pour la Scapêche, la flotte d’Intermarché, la plus importante du secteur).

« Tous les 10 ans uniquement, la politique des pêches européenne est réformée. Elle fixe le cadre règlementaire pour les navires de pêche européens. Greenpeace demande aux gouvernements et, en premier lieu à la France, de mettre en place des mesures qui permettent de : protéger les ressources marines, d’abord en limitant le nombre de bateaux et en bannissant les pratiques destructrices telles que le chalutage profond, soutenir financièrement des pêcheries plus durables, à plus petite échelle et plus sélectives, qui représentent 80% du secteur en termes d’emploi aujourd’hui en France, mais ne reçoivent que 20% des subventions », conclut le rapport de Greenpeace.



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP