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Le GIEC mise sur les énergies renouvelables (I)

Dernière mise à jour le mercredi 11 mai 2011

Article paru sur le site "Enerzine.com" - Mardi 10 Mai 2011
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Le GIEC mise sur les énergies renouvelables (I)

Un nouveau rapport du Groupe inter- gouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) estime que près de 80 % de l’appro- visionnement énergétique mondial pourrait être couvert par les énergies renouvelables à l’horizon 2050 à condition que des politiques publiques adaptées soient mises en place, précise

Les constatations de plus de 120 chercheurs collaborant avec le GIEC montrent en outre qu’un taux de pénétration accru des énergies renouvelables sur le marché pourrait aboutir à une réduction totale des émissions de gaz à effet de serre équivalente à 220 à 560 gigatonnes de dioxyde de carbone (GtC02eq) entre 2010 et 2050.

La fourchette haute des scénarios évalués, correspondant à une réduction d’environ un tiers des émissions de gaz à effet de serre et calculée sur la base de projections établies selon une hypothèse de maintien du statu quo, permettrait de maintenir les concentrations de gaz à effet de serre à hauteur de 450 parties par million.

Nous pourrions ainsi nous rapprocher de l’objectif visant à maintenir le réchauffement climatique en-dessous de la barre des 2° C au cours du XXIe siècle, objectif reconnu dans les Accords de Cancun signés par les parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.

Les conclusions approuvées par les représentants des pays Membres du GIEC à Abu Dhabi, Émirats Arabes Unis, et officiellement présentées lundi, figurent dans le résumé du Rapport spécial sur les sources d’énergie renouvelable et l’atténuation des effets des changements climatiques à l’intention des décideurs (voir ci-dessous et lire la suite de l’article).

« Avec l’adoption de mesures convergentes en faveur du climat et de l’énergie, les sources d’énergie renouvelable sont susceptibles de contribuer sensiblement au bien-être de l’homme en fournissant de l’énergie de manière durable et en stabilisant le climat », a déclaré le Professeur Ottmar Edenhofer, coprésident du Groupe de travail III lors de la présentation officielle du rapport.

« Toutefois, un accroissement notable des énergies renouvelables constitue un véritable défi tant technique que politique », a-t-il ajouté.

M. Youba Sokona, coprésident du Groupe de travail III, considère que : « le rôle que pourraient jouer les technologies des énergies renouvelables dans la satisfaction des besoins des pauvres et la croissance durable dans les pays développés et en développement, pourrait engendrer une forte polarisation des opinions. Le présent rapport du GIEC apporte un certain nombre de précisions fort utiles au débat visant à informer les gouvernements des options possibles et des décisions à prendre si l’on veut que le monde se lance collectivement sur la voie d’un développement équitable, économe en ressources et sobre en carbone ».

M. Ramon Pichs, coprésident du Groupe III, renchérit : « Le rapport montre que ce n’est pas tant la disponibilité des ressources que les politiques publiques mises en place qui permettront ou non de développer les énergies renouvelables dans les décennies à venir. Et les pays en développement ont un rôle important à jouer dans cet avenir-là. En effet, c’est là que vit la plupart des 1,4 milliard d’individus qui n’ont pas accès à l’électricité, et c’est donc là que les conditions optimales sont réunies pour déployer les énergies renouvelables ».

Le Rapport spécial sur les sources d’énergie renouvelable et l’atténuation des effets des changements climatiques, approuvé par les représentants gouvernementaux de 194 nations, analyse le taux actuel de pénétration sur le marché de six grandes familles d’énergie renouvelable et leur potentiel de déploiement au cours des prochaines décennies. Les six grandes familles d’énergie renouvelable sont les suivantes :

- La bioénergie : couvre notamment les cultures énergétiques, les résidus issus des forêts, de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que les biocarburants dits de deuxième génération ;

- L’énergie solaire directe : notamment le solaire photovoltaïque et le solaire thermodynamique ;

- L’énergie géothermique : basée sur l’extraction de la chaleur emmagasinée dans les profondeurs de la Terre ;

- L’énergie hydraulique : englobe les projets de centrales d’éclusées ou au fil de l’eau et les barrages réservoirs ;

- L’énergie marine : des barrages aux technologies faisant appel aux courants marins ou à l’énergie thermique des mers ;

- L’énergie éolienne : filières terrestre et marine.

Plus de 160 scénarios scientifiques portant sur le potentiel de pénétration du marché des énergies renouvelables à l’horizon 2050 ont été étudiés, ainsi que leurs implications environnementales et sociales ; quatre d’entre eux ont fait l’objet d’une analyse approfondie. Les quatre scénarios sélectionnés sont représentatifs de l’ensemble des technologies. L’objectif était d’examiner les futurs mondes possibles, d’analyser d’autres voies de développement socio-économique et d’évolution technologique.

Les chercheurs ont en outre étudié les difficultés liées aux modalités d’intégration des énergies renouvelables dans les systèmes énergétiques existants et à venir, notamment à l’approvisionnement des réseaux de distribution, ainsi que les avantages et les coûts potentiels liés à une telle évolution.

Alors que les scénarios se bornent à fournir une fourchette d’estimation, les conclusions générales du rapport indiquent que les énergies renouvelables sont vouées à occuper une part accrue sur le marché de l’énergie.

Le scénario le plus optimiste parmi les quatre ayant fait l’objet d’une étude approfondie prévoit que les énergies renouvelables compteront pour au moins 77 % des besoins énergétiques mondiaux à l’horizon 2050, permettant de fournir de 314 à 407 exajoules (EJ) par an. À titre de comparaison, 314 EJ correspondent à plus de trois fois l’approvisionnement énergétique annuel des États-Unis d’Amérique en 2005, et à un niveau similaire pour le Continent européen selon diverses sources gouvernementales et indépendantes.

77 %, c’est un chiffre élevé par rapport aux moins de 13 % d’approvisionnement total en énergie primaire relevé en 2008, correspondant à environ 490 EJ. Chacun des scénarios s’appuie sur une série de variables : évolution de l’efficacité énergétique, croissance de la population et de la consommation individuelle. Ce qui donne des niveaux variables d’approvisionnement total en énergie primaire en 2050, l’hypothèse la plus basse prévoyant que la part des énergies renouvelables s’élèverait à 15 % en 2050, en se fondant sur un approvisionnement total d’énergie primaire de 749 EJ.



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