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Le CEA scrute les tsunamis du Pacifique depuis les plaines de l’Essonne

Dernière mise à jour le mardi 15 mars 2011

Article paru sur le site "Libération" - Samedi 12 Mars 2011
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Le CEA scrute les tsunamis du Pacifique depuis les plaines de l’Essonne

BRUYÈRES-LE-CHÂTEL (Essonne) (AFP) - Depuis un centre implanté en banlieue parisienne, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) scrute les tremblements de terre du monde entier, comme celui qui a frappé le Japon, pour pouvoir donner l’alerte au tsunami des Marquises à la Nouvelle-Calédonie.

Les plaines de l’Essonne où se dressent les bâtiments abritant le département d’analyse et de surveillance de l’environnement (Dase) du CEA paraissent bien éloignées des côtes du Pacifique. Il n’aura pourtant pas fallu plus de 12 minutes pour que les secousses générées par le puissant séisme qui a frappé le nord-est du Japon atteignent la métropole française, relève Bruno Feignier, chef du Dase, créé initialement pour étudier l’impact des essais nucléaires français.

Une fois l’alerte donnée, la course contre la montre débute pour les experts du CEA. Une fois connues la magnitude du tremblement de terre (8,9) et sa localisation (par 24,4 km de profondeur à une centaine de kilomètres au large), ils peuvent alors commencer à calculer la longueur et la direction de la faille, point de départ de toutes leurs simulations pour les tsunamis.

"La faille s’est rompue ce matin (vendredi) sur 500 km, avec un glissement pouvant aller jusqu’à 8 mètres par endroits", indique M. Feignier, pour illustrer l’ampleur de la masse d’eau qui a été déplacée durant trois longues minutes par cet énorme "rééquilibrage de la croûte terrestre".

Une fois tous les paramètres en jeu déterminés, ils sont rentrés dans de puissants calculateurs qui les croisent avec les données topographiques des fonds sous-marins sur toute l’étendue du bassin Pacifique pour savoir comment l’énergie de la vague sous-marine va rayonner dans la région.

En quelques heures seulement, le Dase parvient à créer une simulation montrant de minute en minute l’onde du tsunami en train de se propager depuis les côtes japonaises, à une vitesse de 800 km/h en haute mer.

Sur l’animation, on peut voir la vague, d’un mètre de haut environ, atteindre Hawaii huit heures après le séisme. Elle fonce aussi sur Wallis-et-Futuna et les Marquises, en "zone rouge" sur la carte et où la nature des fonds sous-marins pourrait amplifier le phénomène pour former un raz-de-marée de plusieurs mètres.

Ces prédictions sont régulièrement alimentées et confirmées par des observations réalisées sur le terrain. Ou plutôt au fond de l’eau par une série de bouées mesurant la hauteur des vagues au fur et à mesure que le tsunami passe.

Des simulations précieuses pour donner l’alerte dans les territoires français du Pacifique et permettre aux habitants de se mettre à l’abri suffisamment tôt, s’est félicitée la ministre de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, lors d’une brève visite au centre du CEA.

La surveillance devra se maintenir encore jusqu’à samedi, car l’onde du tsunami peut mettre jusqu’à 24 heures pour traverser le Pacifique. Et les très nombreuses répliques, 25 d’une magnitude supérieure à 5,5 dans les quatre heures suivant la première secousse, peuvent elles aussi générer des raz-de-marée, souligne M. Feignier.

Ces simulations servent aussi à mettre au point les différents scénarios du futur Centre national d’alerte aux tsunamis, qui ouvrira à Bruyère-le-Châtel l’an prochain pour scruter la Méditerranée et l’Atlantique-Est.

Un enjeu crucial pour la métropole, car un raz-de-marée ne mettrait qu’un peu plus d’une heure à se propager des côtes d’Afrique du Nord à la rade de Toulon.



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