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La surmortalité des jeunes huîtres a commencé à diminuer

Dernière mise à jour le lundi 8 août 2011

Article paru sur le site "Les Echos" - Mardi 26 Juillet 2011
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La surmortalité des jeunes huîtres a commencé à diminuer

Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche a bon espoir de reconstituer l’offre d’huîtres en France d’ici à quatre ou cinq ans. Bruno Le Maire compte sur la sélection génétique pour rendre les coquillages résistants à la maladie qui décime les naissains depuis 2008. Les projets seront examinés cet automne. La production d’huîtres a chuté de 30 % en raison d’un virus désormais identifié, une forme d’herpès très agressive.

Le vent de panique qui soufflait sur les parcs à huîtres depuis 2008 avec les premiers pics de mortalité observée sur les jeunes huîtres commence à retomber. « Nous sommes plus optimistes aujourd’hui, car on connaît désormais l’origine du problème », dit-on à la Direction des pêches du ministère de l’Agriculture. Une forme d’herpès, OsHV-1, devenu très virulent en mutant, serait responsable de la disparition des naissains. Tous les bassins de production d’huîtres creuses -les « Crassostrea Gigas », une espèce issue du Japon -sont victimes de ce virus en France et ailleurs dans le monde. Il affecte une grande partie de la planète, « de l’Irlande à la Nouvelle-Zélande », selon la Direction des pêches. Les premiers chiffres, de 70 % à 80 % de mortalité, étaient d’autant plus impressionnants que les scientifiques ne comprenaient pas le phénomène. Pendant des mois, ils ont dû se borner à faire des observations desquelles il ressortait notamment que la mortalité augmentait avec la montée en température de l’eau. Certains ostréiculteurs soupçonnent les pesticides d’être un facteur aggravant, mais à ce stade, l’hypothèse n’a pas été confirmée.

Une fois le virus identifié par l’AFSSA (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), les scientifiques de l’Ifremer et les réseaux nationaux de conchyliculture ont pu sélectionner des souches génétiques particulières permettant de produire des huîtres plus résistantes. Les résultats sont impressionnants dans certains bassins, beaucoup moins dans d’autres toutefois. « Nous avons pu réduire la mortalité des jeunes huîtres de 70 % dans certains endroits », précise la Direction des Pêches. Les progrès peuvent ne pas être homogènes à l’intérieur d’une même région, et certains bassins, comme l’étang de Thau, n’ont réduit la mortalité des naissains que dans une proportion de 30 % à 40 %. « Mais à ce stade, on ne peut pas en tirer de conclusions », précise le ministère de l’Agriculture.

Souches sélectionnées

Afin de gagner du temps et d’apporter des solutions opérationnelles à la filière ostréicole, Bruno Le Maire, ministre de l’Agriculture, a lancé un appel à projets pour la production de souches sélectionnées. Les travaux de l’Ifremer ne peuvent pas en effet servir de base au développement d’une production massive d’huîtres résistantes. Un groupe de scientifiques donnera son feu vert aux projets ayant retenu l’attention du Comité de pilotage réunissant le Comité national de la conchyliculture, l’Association des régions de France et les ministères de l’Agriculture et de la Recherche. Ils devraient bénéficier de soutiens publics de l’Etat et des régions pour la plus grande part, le reste devant venir des fonds européens. Le développement des huîtres se faisant sur au moins trois ans, la vie des parcs à huîtres devrait avoir retrouvé un cours normal d’ici à quatre ou cinq ans.

Les entreprises ostréicoles devraient quant à elles se voir octroyer une nouvelle enveloppe d’environ 40 millions d’euros pour la période allant d’octobre 2010 à octobre 2011. Le niveau des pertes ne sera connu que dans quelques semaines. Sur 2009-2010, la production a chuté de 30 % par rapport à l’année antérieure, de 130.000 tonnes à 80.000 tonnes. Et les prix ont grimpé d’autant. Les huîtres demeurent le coquillage favori des Français, qui en consomment normalement deux fois plus que de moules et y consacrent trois fois plus de dépenses.

MARIE-JOSÉE COUGARD



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