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La radioactivité de la mer se mesure à Toulouse

Dernière mise à jour le jeudi 21 avril 2011

Article paru sur le site "La Dépêche" - Mercredi 20 Avril 2011
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La radioactivité de la mer se mesure à Toulouse

Les océanographes toulousains du groupe Sirocco, du laboratoire d’aérologie du CNRS, ont mis au point la modélisation utilisée pour mesurer la dispersion dans le Pacifique des rejets radioactifs de Fukushima.

Directrice de recherche au CNRS, l’océanographe Claude Estournel est responsable du laboratoire d’aérologie de l’observatoire Midi Pyrénées.

Comment votre laboratoire s’est-il retrouvé au cœur du dispositif de contrôle des rejets radioactifs de Fukushima dans le Pacifique ?

Le 14 mars, au lendemain des premières fuites de la centrale de Fukushima, l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) nous a demandé de mettre au point un modèle de dispersion de la radioactivité en mer. Toute l’équipe s’est mobilisée et le 24 mars nos résultats étaient en ligne. Nous étions les premiers.

ça représente un énorme travail...

L’application de ce modèle pour Fukushima met en œuvre vingt ans de savoir faire du groupe Sirocco. La grille de calcul utilisée peut être comparée à une grille de mots croisés en 3D qui compte cinq millions de points où sont calculées les équations du courant. Les informations sur les courants marins dans le Pacifique nous sont fournies en temps réels par Mercator à Toulouse. Les données météo proviennent du centre Européen de prévisions météorologiques basées à Reading en Angleterre et les calculs de marées sont réalisés ici par le groupe Sirocco. Mais rien n’aurait été possible sans le travail du service informatique du laboratoire d’aérologie.

Comment êtes- vous informé sur la pollution proprement dite ?

TEPCO, l’exploitant, mesure chaque jour les concentrations radioactives devant la centrale et nous les transmets via l’AIEA avec qui nous sommes en relation permanente. Le gouvernement japonais effectue également des mesures à 30 km de la centrale. Ces mesures éloignées nous ont permis de vérifier que notre modèle fonctionne bien.

Quelle est la situation aujourd’hui ?

Nous constatons une concentration d’éléments radioactifs importante sur une bande de 100 km le long des côtes. Cette concentration est ensuite dispersée par les courants allant vers le nord-est. À 200 km des côtes elle devient très faible.

Maintenant que le modèle est en place sur quoi travaillez-vous plus particulièrement ?

Il a d’abord fallu établir que la pollution provenait du ruissellement de l’eau utilisée pour refroidir les réacteurs et non des retombées atmosphériques. Désormais nous essayons de coupler les modèles météo de dispersion dans l’atmosphère à notre modèle de dispersion dans l’océan pour aboutir à une cartographie la plus complète possible de la dispersion de la radioactivité en mer.


La grande inconnue

En additionnant rejets atmosphériques et rejets liquides, les chercheurs du groupe Sirocco pourront à terme quantifier précisément la quantité totale d’éléments radioactifs dispersés dans le Pacifique. Ils devront toutefois attendre que la totalité des fuites et des rejets liquides ou atmosphériques soient terminés.



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