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La menace des PCB toujours présente

Dernière mise à jour le lundi 24 janvier 2011

Article paru sur le site "Clicanoo" - Mercredi 19 Janvier 2011
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La menace des PCB toujours présente

Face à la toxicité avérée des PCB, la France a lancé un plan national d’actions qui devait s’achever le 31 décembre. Mais, la chasse, également lancée à La Réunion où il n’y avait plus de solution jusqu’à septembre dernier, n’est pas finie. Il existe encore un gisement dans l’île et les services de l’État mettent la pression sur les industriels.

La bataille contre les fameux PCB (polychlorobiphényles), plus connus sous le nom de pyralènes, n’en finit pas. Le plan national d’actions, lancé en France et qui devait s’achever le 31 décembre dernier pour tous les appareils pollués au-delà de 500 ppm, n’a pas résolu totalement la question. Ces produits synthétiques chlorés, polluant sols et rivières et donc nocifs via la chaîne alimentaire pour l’homme, ont été utilisés massivement jusqu’à leur interdiction en 1987 notamment en tant que liquides isolants dans les transformateurs. À La Réunion, la direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Deal) “n’a pas d’estimations sur le gisement encore à traiter”, avoue son directeur, Bertrand Galtier. Il n’empêche, les mises en demeure existent. La société SETB a ainsi été sommée de traiter ses matériels usagers par un arrêté préfectoral du 24 décembre dernier dans un délai d’un mois. Cette entreprise stockait dans ses locaux de Saint-Denis un transformateur avec 200 litres d’huiles contenant des PCB sans plus de mesures. Bertrand Galtier précise : “Lors d’un contrôle, la Drire a constaté la présence de ce matériel comme un an auparavant”. Il se veut pourtant rassurant : “Il n’y avait pas de réel risque pour la santé ni la sécurité, mais la loi impose la mise en conformité ou le traitement de ces PCB”. SETB a finalement réagi dare-dare. Ce fameux transformateur pollué, qui trônait dans la cour de l’entreprise, a été enlevé “la semaine dernière”, affirmait hier la direction.

Une solution depuis six mois

Ce n’est pas un cas isolé, il reste encore des “bombes” à retardement aux PCB à La Réunion. D’ailleurs, les industriels n’avaient pas de solution jusqu’à il y a encore six mois. Fabrice Dufresnes, directeur d’agence Stardis (la plateforme de prétraitement des déchets dangereux), explique : “Depuis cinq ans environ, aucune compagnie maritime n’acceptait plus de transporter ces huiles et ces transformateurs jusqu’en métropole où se trouvent les installations agréées de traitement. La peur d’un incident et du scandale n’y est pas pour rien. Depuis septembre, la donne a changé. Et une compagnie a finalement accepté de s’en charger”. Du coup, en 2010, la Stardis, qui sépare les huiles des transformateurs et sécurise les matières dangereuses avant une mise en conteneur, a “réalisé trois exports, soit au total, une trentaine de conteneurs de 20 EVP entre septembre et novembre”.Le gisement serait donc bien entamé et Fabrice Dufresnes estime qu’un seul nouvel export “serait nécessaire en 2011”. EDF ayant notamment fait traiter son stock. Reste que personne ne se risque à fermer le dossier PCB et que la cherté du prix du traitement entre 2 et 3 euros le kg freine les propriétaires. L’obligation faite pour le 31 décembre n’a d’ailleurs été que partiellement suivie. Ici comme en métropole où les contaminations récurrentes des cours d’eaux défrayent la chronique. Selon le ministère de l’Écologie, environ 600 détenteurs d’appareils pollués aux PCB n’avaient pris aucune mesure pour les traiter en décembre dernier malgré les sanctions encourues : jusqu’à 75 000 euros d’amende et deux ans de prison

B.G.



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