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La Bretagne face à ses algues vertes

Dernière mise à jour le mardi 29 juin 2010

France-Info.com - Vendredi 25 Juin 2010



La Bretagne face à ses algues vertes

Les algues vertes suscitent toujours autant la polémique dans la région entre agriculteurs et associations environnementales. Demain, 200 d’entre elles prévoient de manifester à Lamballe dans les Côtes d’Armor pour dénoncer l’incohérence entre les pratiques agricoles et l’objectif d’éradiquer le problème des algues vertes.
Reportage dans les Côtes d’Armor, l’un des départements les plus touchés.

- Algues vertes : le reportage en Bretagne d’Anne-Laure Barral et les réponses de Philippe de Gestas secrétaire général de la préfecture des Côtes d’Armor (avec Bernard Thomasson) (10’28")

Sur la plage de la Lieue de Grève, à quelques centaines de mètres de là où un cheval est mort l’an dernier, embourbé dans le sable et les algues vertes, il y a un nouveau chalet d’informations aux touristes. 14 000 véhicules par jour passent sur cette route. Une porte du Finistère. A l’intérieur, des prospectus sur les balades et les animations de l’été mais aussi une jeune fille formée pour répondre aux questions sur les algues vertes. "Nous avons nous aussi changé notre façon de travailler", explique Yann Lebris, le responsable de l’office du tourisme. Il y a des notices d’information distribuées à la mairie et des panneaux à l’entrée de la plage.

Les algues vertes, sont présentes depuis quarante ans en Bretagne. Mais une bonne dizaine d’années qu’elles lui collent vraiment à la peau. A part pour les écologistes, c’était le tabou. Elus, professionnels du tourisme, mycicultures et agriculteurs : beaucoup d’entre eux niaient le problème de peur que cela impacte leur secteur. Mais chaque année, le problème est devenu plus visible. L’année dernière, la mort de ce cheval intoxiqué par les émanations d’hydrogène sulfuré, ce gaz dégagé par le pourrissement des algues vertes, est un électrochoc. L’INERIS reconnaît la toxicité et demande la mise en place de mesures d’information du public.

Le Premier ministre se déplace en plein mois d’août, annonce une mission parlementaire. L’hiver qui suit, un plan algue verte est validé. L’Etat déboursera 134 millions d’euros sur 5 ans pour aider les communes à ramasser et à traiter les algues mais aussi pour prévenir le phénomène en demandant à l’agriculture de faire des efforts. Même si la situation n’est pas la même sur les huit baies, le plan demande de réduire les flux de nitrates de 30% à 40% d’ici 2015 et d’étendre les zones naturelles dites humides. Elles ont un rôle de dénitrification des sols. Pour la baie pilote de Saint Brieuc, l’objectif est de 20%.

Aujourd’hui, le ramassage coûte cher. Jusqu’à trente euros la tonne pour que les algues soient traitées dans les conditions les plus optimales. Le plan ne donne que 700.000 euros à toute la région Bretagne. Or l’an dernier, rien que sur les plages de St Michel en Grève, cela a coûté 400.000 euros. Les élus locaux font plutôt profil bas pour l’instant. Ce ne sont plus les communes du littoral qui payent mais toute la communauté d’agglomération. De plus, ils comptent toujours sur la condamnation de l’Etat par la cour d’appel de Nantes en décembre dernier. Une décision qui estime que les préfectures n’ont pas assez fait respecter les règlementations françaises et européennes pour prévenir le phénomène.

Les associations environnementales saluent l’effort mais se demandent pourquoi d’un côté la collectivité finance ce ramassage et de l’autre l’Etat continue à cautionner une agriculture intensive et polluante… Les amendements du député local Marc Le Fur afin de limiter les démarches administratives pour les élevages, les autorisations de regroupements accordées encore aujourd’hui par les préfectures ne passent pas auprès des écologistes. Pour l’administration, il ne s’agit pas de leur permettre de plus polluer, mais de mieux produire. Pour les agriculteurs, les investissements dans des stations de traitement des lisiers coûtent cher. Il faut qu’ils se regroupent pour pouvoir investir.

- Producteur de volailles à Landéhen, Yves Marie Beaudet donne sa position sur le dossier des algues vertes. (2’00")

La confiance gagnée l’été dernier semble envolée. Les associations environnementales prévoient de manifester ce week end à Lamballe. Certaines ont suspendu leur participation aux commissions locales pour l’application du plan algues vertes.

L’an dernier, 90.000 tonnes d’algues ont été ramassées sur les plages bretonnes. Il y en aura sans doute beaucoup plus cette année. Les communes ne veulent pas de nouvel incident, mais pour éradiquer totalement le problème, personne ne fait de pronostics.

- Les explications de Sylvain Ballu, chercheur au CEVA. Centre d’Evaluation et de Valorisation des Algues. (0’37")

Anne-Laure Barral



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