Manger la mer, Invitez la mer à votre table !

Accueil > Actualités de la mer > L’opération requin plus scientifique que punitive

L’opération requin plus scientifique que punitive

Dernière mise à jour le mardi 27 septembre 2011

Article paru sur le site "Clicanoo.re" - Samedi 24 Septembre 2011
Visualiser l’article original



L’opération requin plus scientifique que punitive

Depuis hier, la recherche scientifique sur les requins est officiellement ouverte à La Réunion. Deux études au long cours sont programmées pour mieux connaître le prédateur et prévenir les risques. Lundi, le préfet précisera les modalités d’action.

e temps est semble-t-il venu de faire plus ample connaissance avec les requins. Après le déferlement d’émotions suscité par la seconde attaque mortelle de l’année due à un squale fréquentant nos côtes, le premier atelier visant à organiser la recherche scientifique autour du prédateur marin s’est tenu, hier, au siège de la Direction de l’environnement de l’aménagement et du logement (DEAL).

Comme lors de la grande table ronde du 25 juillet, initiée à la demande d’Huguette Bello, les autorités publiques ont convié une trentaine de professionnels de la mer et membres de la communauté scientifique à échanger de façon « constructive » afin de mettre en place un protocole d’études et de recherche sur le prédateur marin. Le point de départ incontournable pour prévenir et gérer le risque requin de façon efficace dans la durée.

A l’issue de la réunion, Bertrand Galtier, directeur de la DEAL, s’en est tenu à l’annonce du lancement de deux études. L’une, éthologique, portera sur la population de requins (nombre, sexe, âge des spécimens) et leur comportement dans le milieu naturel. Elle devrait permettre de mieux comprendre les facteurs d’aggravation du risque, qu’ils soient humains, météorologiques ou environnementaux. Cette étude impliquera évidemment des opérations de marquage et sera pilotée par des équipes scientifiques locales (IRD, Arvam, Ifremer sont sur le pont) sur les deux prochaines années. Une autre étude sera par ailleurs lancée pour évaluer l’impact socio-économique de la présence des requins sur différents secteurs et visera également à évaluer les systèmes de prévention déjà utilisés dans le monde.

PÊCHE CIBLÉE ET ENCADRÉE

« Tout ceci prendra beaucoup de temps », a averti Bertrand Galtier avant de préciser qu’il y aura des points d’étape tous les trois mois environ. Encore à plus long terme, les scientifiques de l’IRD envisagent de procéder au suivi acoustique de certains spécimens marqués et éventuellement à des recherches génétiques. Des projets d’études scientifiques sur les requins avaient déjà été commandés en 2007 et 2008. Faute de financement, aucun d’entre eux n’avait été retenu. Mais sans plus tarder, dès lundi, le préfet devrait annoncer « une opération de prélèvement » ciblée sur la côte ouest. Le déroulement de cette expédition maritime n’est pas encore totalement bouclé. Mais, pour les autorités publiques la problématique consiste à « faire diminuer l’exposition au risque pour les usagers de la mer, sans produire d’effets pervers dans l’écosystème ». Il y aura donc une sorte de chasse aux requins respectueuse dans les prochains jours. Une pêche qui devrait ouvrir les opérations de marquage pilotées par les scientifiques et entraîner quelques pertes chez les requins tigres et requins bouledogues adultes et potentiellement dangereux. « Ce sera très encadré, ciblé et limité dans le temps », a promis le directeur de la DEAL. En clair, il n’y aura pas « carnage et de vengeance » à la mode seychelloise (plus d’une centaine de requins ont été pêchés après deux attaques de requins sur des touristes, les 1er et 16 août derniers).

Combien de bateaux sur l’eau ? L’expédition aura-t-elle lieu de jour ou de nuit ? Qui pilotera les opérations ? Là aussi, le préfet devra lever le flou et préciser les modalités de l’opération requin

Yoann Guilloux



Suivre la vie du site RSS 2.0 | Contacts | Qui suis-je ? | Remerciements | Plan du site | SPIP