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L’océan au goût amer

Dernière mise à jour le mardi 3 janvier 2012

Article paru sur le site "Sud-Ouest" - Vendredi 30 Décembre 2011
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L’océan au goût amer

Nous avons croisé nos impressions avec un enfant. Pas vraiment emballant.

D’un côté, une brochure qui annonce « des expériences inédites et surprenantes », qui promet de comprendre le monde de l’océan en douze univers et invite à « plonger pour découvrir ». De l’autre, des critiques de visiteurs, dans l’ensemble déçus : « nul », « coquille vide », « cher », « inintéressant ».

Six mois après son ouverture, on a presque dit tout et son contraire sur la Cité de l’océan et du surf. Mais sur place, qu’en est-il vraiment ? N’y ayant jamais mis les pieds, nous nous y sommes rendus pendant ces vacances de Noël en compagnie d’Arno, 7 ans, et avons comparé notre ressenti d’adulte au sien, avec fraîcheur, en laissant de côté tout a priori.

Premier pas vers la Cité de l’océan et du surf. Tandis que nous cherchons l’entrée de l’édifice (il n’y a encore aucun panneau l’indiquant, idem pour le parking), Arno s’extasie sur l’architecture : « Regarde, une rampe de skate ! Elle est géante ! Mais pourquoi n’y a-t-il pas de skateurs ? »

Grandes bandes annonces
L’entrée n’est pas franchement grand public : 10,50 € pour un adulte, 7,50 € pour un enfant. On ne peut s’empêcher de penser qu’à ce prix, la visite a intérêt à être bien.

À peine arrivés qu’on nous presse vers une projection. Lunettes 3D sur le nez, nous voilà installés dans un bathyscaphe - un sous-marin - reconstitué, prêts pour une plongée dans les tréfonds du Gouf de Capbreton qui s’étend au large. Le son est sourd.

À peine le temps de se caler dans le fauteuil et c’est déjà terminé. On ne comprend pas bien le pourquoi de ce film ni l’intérêt d’une 3D aux effets très relatifs. Arno trouve ça « génial ! » « Ce n’est pas grave si on entend mal, moi j’en ai pris plein les yeux. J’ai adoré quand le cachalot voulait manger le calmar ! »

Manque de vulgarisation
Tout juste sortis, on nous presse à nouveau pour nous diriger vers l’auditorium où trois petits films vont être projetés. L’un est une bande-annonce du film de Jacques Perrin, « Océans » disponible en DVD ; l’autre, une bande-annonce pour une marque de surfwear ; le troisième un mini-documentaire montrant un homme nageant au côté d’un requin blanc. Les images sont magnifiques, mais cela manque sincèrement d’originalité. Arno se laisse porter, et reste bouche bée face aux « pirouettes des surfeurs ».

Direction ce qui aurait dû être le point de départ de notre visite : « Naissance de l’océan ». Écouteurs sur une oreille, avec un mobile composé d’un écran géant et d’un satellite tournant au-dessus de nos têtes. Les explications sont techniques et pas du tout pédagogiques pour les enfants. Arno finit d’ailleurs par lâcher un « je comprends rien » dépité.

Ses neurones se reconnectent dans la base sous-marine où des écrans tactiles et des joysticks nous attendent. Certains écrans sont ludiques, au point qu’Arno y restera un bon moment. D’autres donnent des explications scientifiques sur la couleur de l’eau, les profondeurs des mers…

Intéressantes mais, encore une fois, le vocabulaire n’est pas adapté à celui d’un enfant de moins de 10 ans, voire même de 11 ou 12 ans. Idem pour l’attraction suivante qui nous plonge dans le corps d’une baleine où est racontée, via huit écrans, l’évolution de la vie dans les eaux océaniques. Les récits sont longs, compliqués. D’un commun accord, nous finissons par accélérer la visite. Même sentiment à l’étape d’après qui nous promet « des effets spéciaux » (que nous cherchons encore) pour découvrir les écosystèmes des grands fonds.

Le surf, grand absent
Puis traversée d’un tunnel bleuté : l’antre du surf. Des images de piètre qualité projettent vaguement des vagues et des surfeurs en action. Et là, nous réalisons que nous sommes aussi dans la Cité du surf… Et pas uniquement de l’océan. C’est d’ailleurs la seule attraction qui y fasse référence. C’est un peu léger. Arno traverse ce tunnel comme indifférent. Il fait des efforts pour rester concentré et retrouvera un peu d’entrain lorsqu’il s’agira d’écouter ce qu’est un tsunami et comment se forme un cyclone ou une tempête.

Au sortir de la visite, il préfère ne garder en tête que ce qu’il a aimé : les films et les écrans tactiles ludiques. À la question, « qu’as-tu appris aujourd’hui ? », il gonfle ses joues et hausse les épaules. Bon public, il donne tout de même un 10/10 à la Cité de l’océan et du surf. Nous divisons la note par deux, la paraphant d’un « Peut mieux faire ».



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