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« L’huître est plus rare, donc plus chère »

Dernière mise à jour le mercredi 28 décembre 2011

Article paru sur le site "Ouest-France" - Samedi 24 Décembre 2011
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« L’huître est plus rare, donc plus chère »

Depuis quelques années, une mortalité anormale touche les coquillages. Pour faire face à cette crise, la trentaine d’ostréiculteurs que compte la Presqu’île doit s’adapter.

Entretien avec
Frédéric Miché, ostréiculteur à Saint-Molf, membre du syndicat des conchyliculteurs de Pen Bé-Mesquer

Que représente la période des fêtes de fin d’année pour votre secteur ?

C’est une période très importante pour la douzaine de professionnels du secteur de Pen Bé, qui produisent des huîtres, et la quinzaine de conchyliculteurs du secteur du Croisic, qui sont plus axés sur les coques et palourdes. Entre 25 et 60 % du chiffre d’affaires de l’année est réalisé pendant le seul mois de décembre.

Les huîtres connaissent une mortalité anormale depuis quelques années. Quelles en sont les conséquences pour les professionnels du coin ?

Cette mortalité a commencé il y a maintenant trois ans sur les naissains, et ça se ressent sur les stocks. Cela représente entre 30 et 50 % de pertes sur la production. Du coup, la vente en gros a diminué, et nous privilégions la vente au détail. Cela a des conséquences aussi sur la charge de travail : auparavant, on prenait des saisonniers pendant environ deux mois en fin d’année. Ce n’est plus le cas.

Et pour la clientèle ?

Les prix ont forcément augmenté pour faire face à cette mortalité. L’huître est plus rare, donc plus chère. La hausse est moins conséquente cette année que l’an passé, nous faisons en sorte que cette augmentation reste raisonnable pour la clientèle. Et nous ne constatons pas pour le moment de chute de la consommation.

Quelles sont les solutions pour faire face à cette mortalité ?

Il y a déjà eu un peu moins de mortalité cette année, c’est un espoir. Et de nouvelles huîtres, plus résistantes, arrivent dans les parcs. Il faut attendre pour savoir ce que cela donnera, mais on peut également espérer. De toute façon, c’est toujours la nature qui commande, on ne maîtrise pas grand-chose finalement.

Comment voyez-vous l’avenir de la profession, confrontée à des crises cycliques ?

C’est un métier en pleine mutation, et à mon avis il faudrait un resserrement de la production sur la qualité, plutôt que sur la quantité. Cela nous permettrait d’avoir des prix plus rémunérateurs. Il faut également valoriser les marchés locaux. Les huîtres que nous produisons ici sont des produits charnus, reconnus pour leur qualité dans le secteur. Il faut jouer là-dessus. L’huître n’est pas un produit de première nécessité, les consommateurs ont d’autres priorités notamment avec la crise actuelle. Nous devons savoir nous adapter.

Recueilli par Brice DUPONT



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