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L’étang de Thau, une pelouse sous-marine sous surveillance

Dernière mise à jour le lundi 8 août 2011

Article paru sur le site "Msn Actualités" - Samedi 30 Juillet 2011
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L’étang de Thau, une pelouse sous-marine sous surveillance

A côté des activités conchylicoles, l’étang de Thau, classé site d’intérêt européen pour son herbier de 2.400 hectares et ses magnifiques hippocampes, va bénéficier à partir de septembre d’une protection rapprochée.

Sur les 19,5 km de cet étang entre Balaruc et Marseillan, l’étang de Thau, large de 4 km, est surtout connu pour la qualité de ses huîtres, de Bouzigues. Mais cette réserve naturelle, mélange d’eau douce et d’eau de mer, est aussi un écrin.

Les vaguelettes bercent paisiblement des herbes "zostères". "Il y en a deux sortes. Les marines, les plus grandes, qui peuvent aller jusqu’à 1,2 m, et les naines de 0,3 à 0,5 cm", explique Muriel Alexandre, en charge du programme de protection Natura 2000 débuté en 2009.

Cet herbier, sorte de pelouse sous-marine, est d’un intérêt majeur pour la biodiversité. "Avec les nutriments qui s’y trouvent, les plantes aquatiques et une multitudes d’espèces se développent parfois de façon disproportionnée", constate le président des plongeurs héraultais Emmanuel Serval.

"Les daurades et d’autres poissons y viennent pour se gaver", ajoute ce passionné. "Une huître s’y développe deux fois plus vite que dans l’Atlantique", complète le président du syndicat mixte du bassin et maire UMP de Sète François Commeinhes.

Au total, une vingtaine d’espèces d’oiseaux comme les flamants roses, sternes ou aigrettes, 88 espèces de poissons, 70 de mollusques et 200 d’algues se côtoient sur les 7.500 hectares de cet étang peu profond (2 à 11 mètres avec un petit gouffre à 26 mètres).

Parmi les poissons, les plus étonnants sont les hippocampes. Les herbiers servent d’habitat aux adultes et de nursery aux plus jeunes de ses petits chevaux de mer très craintifs. Qui filent se cacher au moindre mouvement suspect d’eau. On en compterait, selon une estimation, entre 5.000 et 30.000.

"On a la chance d’avoir deux espèces rares d’hippocampes, le moucheté et celui à museau court", précise Mme Alexandre. "Les plus gros vont jusqu’à 20 cm", complète M. Serval. Et d’en attraper un d’une douzaine de centimètres qu’il montre sans le sortir de l’eau car ce "n’est pas une bête de foire".

L’enjeu à terme est de préserver un équilibre particulièrement fragile. Déjà des mesures ont été prises. Et d’ici un mois d’autres vont entrer en vigueur comme la limitation de l’usage de produits phytosanitaires ou des restrictions supplémentaires de navigation et de mouillage.

"Il faut protéger sans atteindre les quelque 2.000 emplois induits par l’étang", note Mme Alexandre, notamment la conchyliculture qui concerne 1.500 hectares du bassin avec 13 à 20.000 tonnes d’huîtres et 3 à 4.000 tonnes de moules par an.

Les villes côtières respectant des normes très strictes de rejet des eaux, le danger vient du ruissellement des eaux pluviales. D’où la nécessité de bassins de rétention. "Cela va avec notre projet d’intercommunalité. On les construira dans les 3 à 5 ans", promet M Commeinhes.

L’autre pollution est la conséquence de l’irrespect d’une partie des 10.000 plaisanciers chaque année sur l’étang après avoir descendu le Canal du Midi : ils vidangent. Insupportable pour les habitants. Dans la semaine, une soixantaine de professionnels a d’ailleurs encore manifesté sous la bannière "Thau n’est pas un bassin de décantation".



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