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L’Afrique du Sud définit sa première réserve marine dans le grand large

Dernière mise à jour le mercredi 3 novembre 2010

Article paru sur le site "France 24.com" - Jedu 28 Octobre 2010
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L’Afrique du Sud définit sa première réserve marine dans le grand large

AFP - Dorades, canyons sous-marins, récifs coralliens profonds et bancs d’éponges forment des écosystèmes uniques, que l’Afrique du Sud tente de protéger dans sa première réserve marine au grand large.

La proposition de réserve, à 100 kilomètres des côtes du KwaZulu-Natal (est), vient d’être déposée auprès des autorités sud-africaines après dix ans de consultations avec les différents acteurs de la zone.

Ce travail a permis de cartographier les différents intérêts présents sur le site : 40 activités économiques - de la pêche hauturière aux gazoducs en passant par les trajets de jet-ski - et environ 200 espèces animales et leurs écosystèmes.

"Toutes les données ont été entrées dans un logiciel (...) pour identifier des zones de riche biodiversité et celles de forte exploitation économique", explique Tamsyn Livingstone, en charge du projet au Centre pour la biodiversité du KwaZulu-Natal.

Dans une logique de compromis, les concepteurs de la zone veulent autoriser les utilisateurs de la mer à garder un accès dans les endroits où la biodiversité est la moins menacée.

La proposition, qui doit encore être ancrée dans la loi, s’inscrit dans un réseau de réserves situées plus près des 3.000 kilomètres de côtes sud-africaines.

Elle intervient alors que les pays membres de la Convention sur la diversité biologique (CBD) discutent depuis dix jours au Japon d’objectifs mondiaux d’aires protégées sur terre et sur mer pour 2020.

Pour l’instant, les négociations piétinent : un objectif de 20% de terres protégées (contre 13% actuellement) et 10% pour les mers (à peine 1%) a été rejeté en début de semaine par plusieurs pays dont la Chine et l’Inde.

L’Afrique du Sud est pour sa part déterminée à protéger la biodiversité dans ses eaux territoriales selon cette méthode "participative", éprouvée en Californie et en Australie.

En raison des coûts d’accès aux grands fonds, "on connaît mal la biodiversité au large", rappelle Kerry Sink du Centre sud-africain pour la biodiversité (Sanbi).

A l’heure actuelle, seul un quart du million d’espèces sous-marines est répertorié à l’échelle mondiale et la découverte fréquente de poissons préhistoriques alimente l’imagination des chercheurs.

En échange d’informations, les scientifiques sont donc prêts à accepter "de limiter l’impact de leurs plans de conservation sur l’industrie de la pêche, des mines de diamants et de pétrole", explique la biologiste.

Pour elle, c’est dans l’intérêt de tous : "assurer la bonne santé des écosystèmes est nécessaire pour une pêche durable et conserver les options des futures générations".

Dans un contexte de crise climatique, les profondeurs pourraient devenir une importante source de protéines pour la planète, puisque les grands fonds connaissent de faibles variations de température et pourraient servir de refuge aux poissons.

Cela suppose toutefois de limiter la pénétration croissante de l’industrie, notamment minière, dans les abysses où les nouvelles techniques de forage lui permettent de s’avancer.

L’explosion en avril d’une plate-forme du groupe pétrolier BP, située à 1.500 mètres de fond, a rappelé les dangers de la pratique : il a fallu cinq mois pour colmater la fuite, qui a causé la plus grave marée noire de l’histoire des Etats-Unis.



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