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Jozée Sarrazin, France : du Témiscamingue aux abysses

Dernière mise à jour le jeudi 18 novembre 2010

Article paru sur le site "Cyberpresse.ca" - Samedi 13 Novembre 2010
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Jozée Sarrazin, France : du Témiscamingue aux abysses

Caroline Rodgers, collaboration spéciale
La Presse

Mieux comprendre les écosystèmes marins profonds et aider à les protéger, c’est la mission de Jozée Sarrazin, océanographe née au Québec et expatriée en France. Elle y travaille comme chercheure en écologie benthique à l’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation durable de la Mer, ou Ifremer, l’un des plus grands du genre dans le monde.

L’être humain a peut-être marché déjà sur la lune, mais il en connaît très peu sur ce qu’il y a au fond des océans. C’est pour sonder les mystères des profondeurs océaniques que Jozée Sarrazin embarque à bord de grands bateaux comme le « Pourquoi pas ? », navire amiral de la flotte de l’Ifremer, où elle a récemment été chef de mission.

Avec une équipe multidisciplinaire d’une quarantaine de scientifiques, elle tente de comprendre la vie qui se déroule au-delà de 1000 mètres de profondeur, descendant parfois jusqu’au fond à bord de sous-marins scientifiques.

« Ce que l’on connaît du fond des océans est vraiment minime, dit la chercheure. Et pourtant, on parle déjà d’une exploitation à grande échelle soit en allant chercher des ressources minérales ou les hydrocarbures qui sont en dessous. Les fonds sous-marins sont de plus en plus menacés par l’exploitation humaine. Or, on trouve de nouvelles espèces presqu’à chaque fois que l’on plonge. Ce serait dommage de détruire ces écosystèmes avant même de savoir ce qui y habite ! »

Car de bien curieuses créatures peuplent le fon des mers. Poissons anguilliformes, chimères, pieuvres, récifs de coraux et vers géants de deux mètres de long : c’est la faune méconnue que découvre la chercheure quand elle se promène à bord du Nautile, un sous-marin scientifique qui n’abrite que trois passagers à la fois.

Mais avant de plonger à la rencontre de ces animaux étranges, il faut des années de préparation. Chaque mission en mer dure de trois semaines à deux mois. La chercheure participe à une, voire deux missions par année. Jusqu’à maintenant, ses recherches l’ont menée dans l’Atlantique, le Pacifique et la Méditerranée.

Quand elle est chef de mission, son rôle consiste notamment à écrire le projet scientifique et à préparer le programme avant le départ. Elle gère aussi les aspects logistiques et coordonne les activités de recherche à bord, en collaboration avec le commandant et le chef des engins sous-marins. « C’est beaucoup de boulot et quand on est sur le bateau, on travaille souvent jour et nuit », dit-elle.

Son parcours

Âgée de 43 ans et mère de deux enfants, l’océanographe originaire du Témiscamingue a épousé un Français et habite le village de Saint-Renan, près de Brest. Auparavant, elle a effectué un baccalauréat en biologie, option écologie, à l’UQAM, une maîtrise en océanographie de l’Université du Québec à Rimouski, un doctorat à l’UQAM en sciences de l’environnement ainsi que des études post-doctorales au Woods Hole Oceanographic Institution du Massachusetts. Il y a huit ans, elle s’envolait pour la France après avoir obtenu son poste à l’Ifremer.

« Je voulais continuer à travailler sur les grands fonds marins et on ne trouve pas des boulots à tous les coins de rue dans ce domaine, dit-elle. Il y a très peu d’équipes qui étudient l’écologie benthique dans les grandes profondeurs au Canada. De plus, je préférais travailler en français. J’ai donc saisi cette opportunité de travailler dans un centre qui possède énormément de moyens. »

Rendre la science accessible à tous

Malgré ses grandes responsabilités, Jozée Sarrazin trouve le temps de mettre sur pieds des projets de vulgarisation scientifiques destinés au grand public et aux enfants. Elle a d’ailleurs déjà écrit un livre pour ce jeune public, intitulé « Zoooooom au fond des mers » !

« Durant ma dernière mission en bateau, j’ai réalisé un projet avec une classe de maternelle, raconte-t-elle. À chaque jour, j’ai fait un petit compte-rendu des expériences de la journée sur un blogue à l’aide d’une marionnette nommée Zubidule. Les enfants étaient hyper enthousiastes ! »

Ce rôle de vulgarisation lui tient vraiment à coeur et constitue pour elle une source de motivation.

« J’aime rendre accessible nos recherches au grand public, incluant les enfants, dit-elle. Mon prochain projet sera de participer au montage d’une exposition sur les grands fonds dans un musée de la mer. J’ai beaucoup d’intérêt à partager nos découvertes, car ce que l’on voit au fond des océans est extraordinaire. C’est véritablement à un autre monde... »



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