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Japon : Les effets de la radioactivité sur la vie marine

Dernière mise à jour le jeudi 31 mars 2011

Article paru sur le site "20 Minutes" - Lundi 28 Mars 2011
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Japon : Les effets de la radioactivité sur la vie marine

RADIOACTIVITE - Au large de Fukushima, l’océan Pacifique subit des niveaux d’iode 1.850 fois supérieurs à la normale. Les conséquences pour les écosystèmes marins sont difficiles à prévoir...

Des poissons passés au compteur Geiger et des ports de pêche dévastés. Les côtes japonaises qui ont subi le tsunami puis les fuites radioactives de la centrale de Fukushima ont affiché dimanche des niveaux d’iode radioactif 1.850 fois supérieurs à la normale, soit 40 becquerels par litre, selon l’agence de sûreté nucléaire japonaise. Quelles seront les conséquences pour la faune et la flore marines ?

Dix semaines pour diviser l’iode par mille

Selon Tepco et l’Agence de sûreté nucléaire (ASN), la radioactivité relâchée dans la mer se dilue avec les marées, et le risque sur les algues et les animaux marins ne serait pas important. Toutefois, les fuites d’eau contaminée issue des réacteurs inquiètent les autorités : « De l’eau hautement radioactive s’écoule dans les bâtiments puis retourne en mer, ce qui est préoccupant pour les poissons et végétaux marins », déclare Olivier Isnard, expert de l’Institut français de la radioprotection et de la sûreté nucléaire (IRSN).

Pour David Boilley, physicien et président de l’Acro (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest), l’absence d’études sur les impacts de la radioactivité sur la faune et la flore ne permettent pas de savoir quelles seront les réelles conséquences de l’accident. « Les algues et les poissons concentrent l’iode mille fois plus que l’eau, explique-t-il à 20minutes.fr. Mais l’iode n’ayant qu’une durée de vie de huit jours, au bout de dix semaines il n’y aura plus qu’un millième de la radioactivité actuelle dans l’océan et les animaux marins ».

Des réservoirs de pollution au fond des océans

En revanche, le césium a une durée de vie de trente ans et celle du plutonium 239, utilisé dans le Mox, atteint 24.000 ans. « Le césium peut être stocké dans les sédiments et dans ce cas-là, il ne sera pas dispersé par les masses d’eau. Des réservoirs locaux de pollution peuvent apparaître, précise David Boilley. Les sédiments vont relâcher petit à petit les éléments radioactifs et la pêche risque d’être interdite pendant longtemps. »

La chaîne alimentaire est d’ores et déjà impactée par les niveaux élevés de radioactivité au large du Japon. Depuis le 22 mars, le ministère de la Santé japonais a imposé des programmes d’inspection des produits pêchés le long des côtes proches de Fukushima. Poissons et fruits de mer sont passés au compteur Geiger avant d’être commercialisés ou exportés.

Un peu de répit pour les baleines

Comme à Tchernobyl, les scientifiques s’attendent à ce que la faune s’adapte : les souris de la zone sinistrée en Ukraine se sont ainsi transformées pour survivre dans un environnement radioactif. « Ce sont simplement de nouvelles espèces qui naissent », commente David Boilley. De nouvelles espèces de poissons pourraient ainsi voir le jour en présence d’une forte radioactivité.

Les seules à se réjouir de la catastrophe sont les baleines, qui bénéficient d’un répit inattendu : la chasse à la baleine, qui tue chaque année des centaines de cétacés, a été compromise par le tsunami. « La pêche baleinière représente une industrie importante pour le pays, a assuré Tatsuya Nakaoku, un responsable de l’Agence japonaise des pêches. Nous ferons le maximum pour que les pêcheurs, y compris les baleiniers, puissent continuer à travailler ».

Audrey Chauvet



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