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Huîtres de l’estuaire, huîtres de secours

Dernière mise à jour le lundi 14 mars 2011

Article paru sur le site "Sud-Ouest" - Vendredi 11 Mars 2011
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Huîtres de l’estuaire, huîtres de secours

Prélever des huîtres naturelles de l’estuaire de la Gironde pour réensemencer les parcs d’élevage de la Charente-Maritime.

C’est l’une des pistes de réflexion que suggère le Comité régional conchylicole de Poitou-Charentes pour pallier la perte de production liée aux mortalités qui frappent depuis trois ans les jeunes huîtres. Elle était de 30 % en moyenne l’an dernier, avec des écarts observés suivant les établissements, et ira en augmentant cette année, selon les professionnels.

Le président des ostréiculteurs charentais, Gérald Viaud, assure que ces lots naturels de l’embouchure du fleuve ont mieux résisté jusqu’alors aux causes des mortalités qui déciment les cheptels ostréicoles partout ailleurs.

Contaminées au cadmium
Cela reste à prouver au plan scientifique. Mais, dans un courrier qu’il adressait mi-février au président du Conseil général de la Charente-Maritime, Dominique Bussereau, qui l’avait sensibilisé à cette hypothèse, le ministre de l’Agriculture et de la Mer ne ferme pas la porte. Bruno Le Maire rappelle que « dans le contexte actuel des mortalités touchant l’ostréiculture, [sa] volonté est que toutes les pistes susceptibles d’aider à la reconstitution des stocks de naissain et de juvéniles d’huîtres soient explorées ». Le ministre émet toutefois la réserve que « les précautions nécessaires soient prises ».

S’agissant des huîtres de la Gironde, c’est la contamination au cadmium qui éclaire la mise en œuvre des précautions ainsi requises. Selon Bruno Le Maire, la contamination n’est pas rédhibitoire puisque « des dérogations nationales existent pour le réensemencement de zones saines avec de très jeunes huîtres issues de zones contaminées ».

Encore faut-il que « ces dérogations définissent les conditions permettant de s’assurer que les jeunes huîtres ne sont pas contaminées à des teneurs supérieures aux normes en vigueur, afin que les huîtres adultes qui seront consommées ne présentent aucun risque pour la santé publique ».

Protocole préalable
Question : une huître juvénile contaminée au cadmium peut-elle se décontaminer une fois retrempée en zone saine, durant les deux à trois années de croissance qui précèdent sa consommation ? Un protocole expérimental doit le dire. Bruno Le Maire fait de sa rédaction le préalable de la démarche qui s’engagerait alors.

Ce protocole est à rédiger en lien avec les professionnels de la conchyliculture, les scientifiques et l’administration maritime. Il définirait aussi les conditions d’ouverture des gisements, les conditions des prélèvements, le suivi sanitaire, les personnes habilitées à ces prélèvements.

« L’idée, malgré tout, c’est d’aller relativement vite, pour espérer ensemencer les parcs d’élevage avant l’été », commente-t-on au Comité régional conchylicole de Poitou-Charentes.



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